Les auteurs de la Revue Prescrire alertent. Selon eux, les données épidémiologiques montrent une augmentation du risque de leucémie aiguë chez les enfants liée à une exposition aux pesticides à usage domestique.

Les pesticides à usage domestique sont largement utilisés en France. Que ce soit comme biocides (désinfectants ménagers, insecticides, raticides, répulsifs…), pour les plantes, comme médicaments antiparasitaires à usage humain (contre les poux…) ou vétérinaire.

En 2013, une expertise collective de l’Inserm avait conclu à une présomption forte de lien entre les expositions aux pesticides, y compris à usage domestique, et plusieurs effets néfastes sur la santé. Ainsi selon les chercheurs, « plusieurs études cas-témoins et de cohortes montrent une augmentation du risque de malformations congénitales chez les enfants des femmes vivant au voisinage d’une zone agricole ou liée aux usages domestiques de pesticides (…) Une diminution du poids de naissance, des atteintes neurodéveloppementales et une augmentation significative du risque de leucémie sont également rapportées. »

Vers une interdiction en 2019

Une récente analyse du consortium international sur les leucémies de l’enfant apporte de nouvelles données. Ce travail rassemblant 12 études cas/témoins montre une augmentation statistiquement significative du risque de leucémie aiguë chez les enfants liée à une exposition aux pesticides à usage domestique. Les périodes d’exposition étudiées ont été les 3 mois précédant la conception, la grossesse et l’enfance.

Pour les rédacteurs de la Revue Prescrire, « il importe d’informer particulièrement les parents et les professionnels de l’enfance des dangers probables d’une exposition aux pesticides à usage domestique, pour réduire autant que possible leur utilisation et les situations d’exposition. » Et de rappeler qu’en France, « depuis le 1er janvier 2017, les collectivités publiques n’ont plus le droit d’utiliser de pesticides pour l’entretien des espaces verts et des voiries. Cette interdiction devrait concerner les particuliers à compter du 1er janvier 2019 : un petit pas vers la réduction des expositions à certains pesticides. »

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