Suite à la réévaluation de la balance bénéfice/risque des pilules contraceptives de troisième et quatrième génération fin 2012, les autorités sanitaires ont décidé de dérembourser ces médicaments. Conséquence, les ventes des pilules de deuxième génération ont augmenté. Quel est leur profil de sécurité ? Le rôle des gynécologues a-t-il évolué au cours des dernières années ? Les réponses du Dr Béatrice Guigues, gynécologue à Caen.

Depuis le 30 septembre 2013, les pilules contraceptives de 3e génération ne sont plus remboursées par l’Assurance-maladie. Précisons que pour les contraceptifs de quatrième génération, il n’existait pas de prise en charge. A l’époque, la ministre en charge de la Santé, Marisol Touraine, en avait ainsi décidé après que la Haute Autorité de Santé (HAS) ait rendu un avis défavorable au remboursement sur cette classe de contraceptifs. En cause, un service médical rendu (SMR) jugé « insuffisant ». Résultats, les pilules de 3e et 4e générations ne représentent désormais que 22% des ventes de pilules contraceptives, contre 45% en 2012.

L’ensemble de ces décisions a été pris suite à la mise en évidence d’un risque de thrombose veineuse avec ces contraceptifs. Béatrice Guigues, gynécologue à Caen précise pour sa part que « ce risque est relativement faible mais il existe ». Elle tient toutefois à rappeler une donnée essentielle peu connue du grand public : « Le risque de thrombose veineuse est bien plus important pendant la grossesse qu’avec une pilule contraceptive dite oestro-progestative. »

Rechercher les facteurs de risque

En réalité, les femmes utilisant des contraceptifs oraux de 3e et 4e générations s’exposent à un risque de complications thrombo-veineuses deux fois plus élevé que les femmes sous pilules de 2e génération. Un risque confirmé par une récente étude publiée dans le British Medical Journal. Toutefois, ce risque reste très faible, de 3 à 4 cas pour 10 000 utilisatrices. Rappelons que la thrombose veineuse se caractérise par la présence d’un caillot sanguin qui obstrue une veine. S’il se détache, il peut remonter jusqu’aux poumons, provoquant ainsi une embolie pulmonaire.

Aujourd’hui, la HAS recommande les contraceptifs oraux de deuxième génération en première intention. Par ailleurs, les professionnels de santé disposent d’un recul important puisque ces pilules existent depuis plus de 30 ans ! Elles sont enfin remboursées à 65% par l’Assurance-maladie.

Toute consultation doit amener le médecin à rechercher des facteurs de risque. « Il faut effectivement avoir un interrogatoire précis concernant la patiente et sa famille, la recherche d’éventuels antécédents familiaux de thrombose veineuse, c’est essentielle ! Et dans ce cas-là, il est contre-indiqué de prescrire une pilule oestro-progestative ».

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