Pipi, caca, vomi… comment devenir parents nous « immunise » contre le dégoût

26 janvier 2026

Être exposé à de nombreuses substances peu ragoutantes (urines, excréments, vomi…) est le lot quotidien de tout nouveau parent. Mais comment notre cerveau s'adapte-t-il pour faire face à ces expériences qui en dégouterait plus d’un ? Des chercheurs de l’Université de Bristol (Angleterre) apportent un éclairage sur ce phénomène.

Comment faisons-nous pour surmonter l’odeur et la vue de fluides corporels qui, généralement nous dégoûteraient ? La croyance populaire veut que ce qui à trait à nos enfants ne peut pas sentir mauvais. Mais une étude publiée dans le Scandinavian Journal of Psychology apporte une réponse plus scientifique.

Des chercheurs de l’Université de Bristol (Angleterre) ont en effet montré qu’une exposition répétée réduit significativement les réactions de dégoût chez les parents, avec des effets qui persistent dans le temps.

Le dégoût, une émotion qui peut s’atténuer

« Le dégoût est une émotion humaine fondamentale qui nous protège du danger, explique le Dr Edwin Dalmaijer, neuroscientifique à l’École de sciences psychologiques de Bristol. La plupart des gens le reconnaissent comme la forte sensation de répulsion que nous éprouvons à la vue de quelque chose de sale ou à la simple pensée de fluides corporels. Lorsque nous éprouvons du dégoût, notre corps réagit souvent automatiquement, par des nausées ou en ayant envie de s’éloigner rapidement. »

La parentalité : une « expérience naturelle » idéale

« La parentalité accroît considérablement l’exposition à ces substances, continue-t-il. Les gens ne choisissent pour autant pas de ne pas de devenir parents, par dégoût. Cela en fait une “expérience naturelle” idéale pour étudier comment le dégoût évolue avec le temps. »

Pour explorer cette question, les chercheurs ont donc analysé les réponses à des questionnaires et observé les comportements (comme la tendance à détourner le regard) de 99 parents et 50 non-parents. L’étude incluait des questions spécifiques et des stimuli liés aux enfants, comme des images de couches sales.

Sans trop de surprise, les personnes sans enfants ont manifesté une forte aversion pour les images représentant des excréments. Par ailleurs, les parents dont les enfants étaient encore exclusivement nourris au lait présentaient des niveaux de dégoût similaires à ceux des non-parents. En revanche, pour ceux dont les enfants avaient commencé à manger des aliments solides ou étaient déjà sevrés, ce dégoût était quasi inexistant, suggérant qu’une exposition prolongée avait conduit à une sorte de désensibilisation.

Les chercheurs pensent ainsi que ce schéma pourrait refléter une réponse adaptative évolutive permettant aux parents de mieux s’occuper de leurs enfants.

  • Source : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/sjop.70069

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Dorothée Duchemin

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