La plongée sous-marine pour soigner les victimes d’attentats?

[13 novembre 2017 - 10h05] [mis à jour le 13 novembre 2017 à 17h31]

Le stress post-traumatique est la conséquence d’un traumatisme. Les victimes survivantes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris sont nombreuses à en souffrir. Pour tenter de les soulager, des chercheurs français vont tester une méthode innovante, la plongée sous-marine. Alors que de nombreux hommages sont rendus aux victimes des attaques survenues il y a deux ans, des données issues de précédentes études laissent penser qu’elle pourrait apaiser les patients.

Plonger pour parvenir à réguler le stress et les émotions. Voici le projet de l’équipe à l’origine de cette initiative. L’essai clinique DivHope* a pour objectif d’évaluer les bénéfices de la pratique de la plongée sur la qualité de vie des patients. Au total, « une trentaine de victimes des attentats du 13 novembre 2015, souffrant de trouble de stress post-traumatique, seront divisés en deux groupes », expliquent les scientifiques.

Un groupe bénéficiera d’activités sportives et d’excursions tandis que l’autre suivra le programme plongée, associant immersion et techniques de relaxation subaquatiques. Tout ce travail se déroulera en Guadeloupe, « seul lieu en France à présenter des conditions de sécurité en termes de plongée et de climat compatible avec l’état de stress des sujets ».

Lutter contre les reviviscences du trauma

« Un premier projet, DivStress, avait démontré les effets bénéfiques, spécifiques et rémanents de la pratique de la plongée sous-marine sur l’humeur et le stress sur des personnes en bonne santé soumises au stress du monde du travail », rappellent les chercheurs.

« Si les résultats attendus sont confirmés, cette pratique de la plongée ‘améliorée’ s’inscrira comme une nouvelle technique de prise en charge complémentaire pour la régulation du stress et des émotions, l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie », espèrent-ils.

A noter : l’arsenal thérapeutique disponible jusqu’à présent ne permet pas un rétablissement à tous puisque 30% des patients ne répondent pas aux traitements associant antidépresseurs et thérapies cognitives. Et 40% de ceux qui se rétablissent présentent une rechute dans l’année.

*mené scientifiquement par le médecin en chef Marion Trousselard de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), et l’équipe de médecine hyperbare de l’AP-HM, sous la houlette du Dr Mathieu Coulange, coordonné par Frédéric Bénéton et soutenu par la Fondation d’Aide aux Victimes du Terrorisme.

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