Plus de santé pour les prisonniers ?

28 octobre 2010

Le ministère de la Santé s’attaque (enfin) à l’état de santé des populations carcérales. Avec 6 axes, 18 mesures et 40 actions, le plan conjoint d’action stratégique des ministères de la Santé et de la Justice vise pour la période 2010-2014, une meilleure prise en charge sanitaire des 60 789 détenus (chiffre au 1er septembre 2010). La loi du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale, consacrait déjà le principe de l’égalité des soins entre personnes incarcérées et population générale. Mais la réalité est loin de coller à ce « principe » idéal. Le plan nouveau changera-t-il la donne ?

Malgré la loi de 1994, l’accès aux soins et l’état de santé des prisonniers sont encore loin d’être satisfaisants. Pour preuve la prévalence des pathologies en prison. L’incidence de la tuberculose en détention, est 8 à 10 fois supérieure à ce qu’elle est en moyenne nationale. Le ministère de la santé estime en outre que la prévalence de l’hépatite C (VHC) est de 4,2% en prison, mais de 0,84 % en dehors. Pour le VIH/SIDA, elle est de 1,04% en détention contre 0,23% dans la population générale. Plus évocateur encore : un détenu sur 20 est infecté par le VIH et/ou le VHC.

La maladie n’est pas le seul problème sanitaire en prison. Le nombre des décès par suicide y est en constante augmentation. Il est passé de 109 en 2008 à 115 en 2009. « Et on ne parle pas des morts suspectes qui sont taboues », s’insurge Laura Petersell de Ban Public, une association pour la communication sur les prisons et l’incarcération en Europe.

A ses yeux, le plan des pouvoirs public ne propose que des « mesurettes ». « Il n’évoque pas les mesures efficaces de prévention du VIH/SIDA et du VHC que sont la distribution de seringues stériles et de matériel de snif stérile. Elles sont pourtant bien connues ». Ce serait pourtant un pas essentiel. Car les contaminations au VIH/SIDA et au VHC se font le plus souvent, à travers l’usage de stupéfiants. Le Plan lui, propose « la mise en place de la télémédecine, la préparation et la continuité des soins de sortie ou encore d’assurer un examen bucco-dentaire adapté ». Pas sûr que cela suffise pour établir une réelle égalité de soins.

Pour aller plus loin, consultez <a href="https://destinationsante.com/IMG/pdf/Plan_actions_strategiques_detenus(1).pdf” target=”_blank”>l’intégralité du plan.

  • Source : Ministère de la Santé et des Sports, Ministère de la Justice et des Libertés, 28 octobre 2010 ; Yves Feuillerat, DHOS/02/YF, ministère de la Santé, février 2004

Destination Santé
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