Plus de sport, moins d’écran : moral gagnant ?

06 novembre 2020

Passer son temps libre devant la télé, l'ordinateur ou la console : quand les jours raccourcissent, nous sommes nombreux à avoir ce réflexe. Et plus encore en période de confinement. Prudence : chez les ados, à un certain degré, cette habitude peut se révéler délétère pour la santé mentale. Et tout particulièrement chez les filles.

Temps froid et pluvieux, nuit qui tombe plus tôt, confinement… Tous les ingrédients sont réunis pour que nous cédions, dès que nous avons du temps libre, à la tentation de la série sur l’ordinateur, et puis du film à la télé, et puis d’une petite partie sur la console, et ainsi de suite. Mais, même si c’est loin d’être évident compte tenu des circonstances, nous gagnerions tous à occuper ce temps différemment. C’est particulièrement vrai pour les adolescents.

Une étude canadienne menée entre 2014 et 2018, soit avant la crise sanitaire, s’est en effet intéressée aux effets du temps passé devant les écrans sur la santé mentale de milliers d’adolescents de 12 et 13 ans. Les chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique ont en effet sondé plus de 28 000 jeunes ados scolarisés dans 365 établissements scolaires sur leurs habitudes en dehors du temps scolaire, autant sur leur usage des écrans à des fins récréatives que sur leurs activités extrascolaires, comme le sport ou les pratiques artistiques.

Moins de deux heures par jour

Publiée dans la revue Preventive Medicine, l’étude montre que globalement, plus on participe à des activités extrascolaires, moins on aura tendance à passer de temps face à un écran après l’école. Dans le détail, le fait de faire du sport ou du dessin est associé à de hauts niveaux d’optimisme et de satisfaction dans la vie, et à de faibles niveaux d’anxiété et de symptômes dépressifs. A l’inverse, passer plus de deux heures par jour devant des écrans est associé à de faibles niveaux d’optimisme et de satisfaction, et à des niveaux d’anxiété et de symptômes dépressifs plus importants.

Parmi les enseignements de cette étude : le temps passé devant les écrans affecte davantage les filles que les garçons, pour des raisons que l’auteure principale, Eva Oberle, n’est pas en mesure d’expliquer. Ce sera l’objet de recherches ultérieures, espère-t-elle. Ce qui est certain en revanche, c’est que les activités extrascolaires sont « un atout pour le bien-être mental des adolescents. Trouver des moyens sûrs pour les enfants et les adolescents de continuer à participer à ces activités pendant la période actuelle peut être un moyen de réduire le temps d’écran et de promouvoir la santé mentale et le bien-être ».

  • Source : Preventive Medicine, le 3 novembre 2020

  • Ecrit par : Charlotte David - Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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