Pollution : les particules ultrafines sous surveillance

[28 juin 2018 - 12h35] [mis à jour le 28 juin 2018 à 12h36]

L’Anses recommande d’ajouter à la surveillance des polluants de l’air ambiant, celle du 1,3-butadiène, un cancérogène de catégorie 1 issu notamment du trafic routier. De plus, l’agence souligne la nécessité de compléter et de pérenniser l’acquisition de données pour les particules ultrafines et le carbone suie. Objectif, anticiper et prévenir l’impact potentiel sur la santé humaine.

« Certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé humaine ne sont pas pris en compte à ce jour dans la surveillance réglementaire », rappelle l’Anses. Laquelle a justement été saisie par les ministères en charge de l’écologie et de la santé afin de « proposer une liste de nouveaux polluants prioritaires pour cette surveillance de la qualité de l’air, en complément de ceux déjà surveillés ».

13 polluants à suivre

Son travail d’expertise mené dans ce cadre a permis de pointer une liste de 13 polluants prioritaires. Parmi ceux-là, l’Anses souligne « l’intérêt d’une surveillance du 1,3-butadiène, un polluant émis notamment par des activités industrielles traitant du plastique et du caoutchouc mais aussi par l’échappement des moteurs automobiles et la fumée de cigarette ». Le 1,3-butadiène a été classé cancérogène de catégorie 1 par le CIRC* de l’OMS à Lyon. Par ailleurs, elle insiste sur « la nécessité de compléter et de pérenniser l’acquisition de données pour les particules ultrafines (PUF) et le carbone suie ». Lesquelles sont issues entre autres du trafic routier.

Les particules ultrafines mesurent moins de 0,1 micron, soit moins de 100 nanomètres. Leur taille leur permet ainsi de pénétrer plus profondément dans l’organisme et induisent un risque sanitaire plus important.

L’Anses recommande en outre « l’acquisition de données complémentaires concernant les 10 autres polluants (le manganèse, le sulfure d’hydrogène, l’acrylonitrile, le 1,1-2-trichloréoéthane, le cuivre, le trichloréthylène, le vanadium, le cobalt, l’antimoine, le naphtalène) ». Ces informations permettront de « s’assurer notamment de l’adéquation de la surveillance réglementaire concernant l’émission de ces polluants. »

L’agence préconise enfin « la création d’une banque nationale de données de mesures existantes pour les polluants actuellement non réglementés présents dans l’air ambiant ».

*Centre international de Recherche sur le Cancer

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