Qui ne connaît une personne âgée aux mains ravagées par la polyarthrite rhumatoïde ? Cette maladie des articulations, à la fois chronique et douloureuse, touche 200 000 à 300 000 Français. En majorité des femmes, d’ailleurs. Très handicapante, elle retentit lourdement sur le quotidien. Pourtant des traitements efficaces existent. Mais il est essentiel de les mettre en oeuvre le plus précocement possible. C’est le sens des nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

« La polyarthrite rhumatoïde est la plus fréquente des arthrites » nous explique René-Marc Flipo, professeur de rhumatologie au CHRU de Lille et spécialiste des rhumatismes inflammatoires chroniques. « C’est plutôt une maladie de la femme (deux fois sur trois). Classiquement, il y a deux pics d’apparition : la femme d’une vingtaine d’années dans les suites d’un accouchement et, beaucoup plus souvent, une femme d’environ 55 ans, à la période de la ménopause ».

Plusieurs signes caractéristiques doivent alerter. « Une douleur qui réveille la nuit. Ou qui le matin, s’accompagne d’une sensation de raideur articulaire. Un troisième signe important, c’est lorsque vos articulations gonflent, rougissent ou deviennent chaudes ». Mais la localisation des douleurs aussi, est un avertissement qui ne trompe pas. « Souvent en effet, ce rhumatisme commence par les mains, les poignets et les pieds » souligne le Pr Flipo.

Tous ces signaux doivent impérativement amener à consulter un médecin. Sans tarder. « Plus vite on pose le diagnostic, plus vite on bénéficie de traitements efficaces qui peuvent réellement stopper la progression de la maladie. C’est le message-clé que tous les patients doivent intégrer. »

Une rémission ? C’est possible !

Depuis une dizaine d’années, il y a une véritable explosion d’innovations thérapeutiques. Celle-ci est due aux biothérapies, qui complètent les médicaments conventionnels. Ces traitements biologiques de fond particulièrement efficaces bénéficient désormais de données tout à fait rassurantes en matière de tolérance à long terme. Les plus connus sont les agents anti-TNF-?.

« L’arsenal dont nous disposons permet de soulager sérieusement les patients, voire de les mettre en rémission. C’est une perspective qu’on évoquait à peine jusqu’à l’an 2 000. Nous sommes aujourd’hui dans une période semblable à ces révolutions que l’on a connues en cancérologie, où désormais, certaines tumeurs peuvent être totalement éteintes par les nouveaux traitements ».

C’est un tel changement qu’en septembre 2007, la Haute Autorité de Santé (HAS) a mis à jour ses recommandations. Comme nous l’explique René-Marc Flipo, « elle préconise désormais différents schémas thérapeutiques. L’essentiel est de limiter au maximum le recours aux corticoïdes, qui fragilisent les tissus articulaires. Ils seraient même en partie responsables d’accidents cardiovasculaires. Il faut donc se tourner vers des traitements de fond comme les biothérapies, le plus précocement possible ».

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