Chez les sportifs de haut niveau, plusieurs facteurs augmentent le risque de mort subite. La fatigue, la déshydratation… mais aussi les troubles respiratoires du sommeil.

En France, chez les moins de 35 ans, le nombre de décès par mort subite peut « s’élever à plus de 1 000 morts par an, en activité sportive ou activité physique de loisir. Dans de très nombreux cas (+ de 50%) les causes ne sont pas retrouvées », précise l’Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé. Mais certains facteurs aggravants sont connus : « le stress, le froid, la chaleur, la fatigue, les troubles diététiques, la déshydratation, la maladie virale ».

L’apnée du sommeil en cause

Et quel lien fait-on avec les troubles respiratoires du sommeil ? Des chercheurs japonais se sont posé la question. Pour le savoir, l’équipe du Pr Yoshitaka Iso, cardiologue* (Yokohama) a suivi 42 rugbymen âgés de 18 à 19 ans. Tous ont été monitorés pendant plusieurs nuits. Les scientifiques ont ainsi pu relever les rythmes de leur respiration, des battements du cœur, leur niveau d’oxygène sanguin et leur nombre de réveils nocturnes ainsi que la durée de ces phases.

Résultat, 18 des 42 sportifs souffraient de troubles respiratoires la nuit. Auprès de ces derniers, les scientifiques ont enregistré au moins 5 rétentions involontaires du souffle ou plus, d’une durée minimale de 10 secondes chacune. Chez ces athlètes, les taux d’oxygène sanguins étaient bien inférieurs et le rythme nocturne de pulsation cardiaque plus élevé, comparés aux sportifs épargnés.

Ensuite, une épreuve sportive a été organisée pour mesurer les paramètres cardiaques et pulmonaires. Les volontaires atteints d’anomalies respiratoires la nuit avaient aussi un rythme cardiaque plus rapide, et des irrégularités des battements plus fréquentes. « Nous observons donc une corrélation entre anomalies respiratoires et des troubles du rythme cardiaque associés à la mort subite. »

A noter : les troubles respiratoires du sommeil sont des affections survenant surtout en cas de surpoids et d’obésité, après 40 ans et chez les sujets ayant un large tour de cou.

*Showa University Research Institute for Sport and Exercise Sciences, Yokohama, Japan

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