Pourquoi ne sommes-nous pas égaux face à la douleur ?

13 avril 2026

Une égratignure sera insupportable pour certains quand d’autres ne prêteront pas attention à une plaie profonde. Une chose est sûre, nous ne sommes pas égaux face à la douleur. Pour quelles raisons ?

Selon la définition officielle de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ».

La douleur revêt ainsi des enjeux très subjectifs, liés à notre propre ressenti, selon lequel nous pouvons hurler à la moindre petite coupure, tandis que notre voisin lui, restera impassible. A cela, plusieurs explications.

  • La génétique: comme l’a rappelé Erin Young, professeure adjointe à l’École des Sciences infirmières de l’Université du Connecticut dans une tribune signée dans The Conversation, « jusqu’à 60 % de la variabilité de la douleur pourrait être attribuable à des facteurs héréditaires, c’est-à-dire génétiques. En d’autres termes, cela signifie que la sensibilité à la douleur se transmet, au sein d’une famille, par l’hérédité, tout comme la taille, la couleur des cheveux ou le teint de la peau ». Il existe ainsi des gènes de la douleur, qui au fil des générations, peuvent muter jusqu’à rendre les récepteurs de la douleur plus ou moins sensibles ;
  • Le système nerveux central: une petite brûlure au niveau d’un doigt ? La douleur est perçue lorsqu’un signal est envoyé au cerveau par les nerfs périphériques. Seulement, certaines personnes ont un système nerveux – récepteurs de la douleur, fibres nerveuses… – plus réactif ou sensible que d’autres. Elles ressentiront potentiellement la douleur de façon plus vive ;
  • L’environnement et les facteurs psychosociaux: référence ici à des épisodes douloureux passés, mais aussi d’éléments plus conjoncturels comme un état de stress ou d’anxiété qui peut jouer sur la perception de la douleur ;
  • L’horloge circadienne ? L’Inserm le suggère en effet dans un travail publié en 2022. Notre horloge interne interviendrait en effet dans la régulation de l’intensité de la douleur chronique. Les chercheurs précisent en effet que cette dernière « oscille sur 24 heures avec un pic la nuit et une baisse dans l’après-midi indépendamment de toute stimulation extérieure et du cycle veille-sommeil». De là à penser qu’une meilleure synchronisation des rythmes biologiques et/ou la qualité du sommeil pourraient participer à une meilleure prise en charge thérapeutique, il y a un pas que les scientifiques ne franchissent pas, encore.
  • Source : Ministère de la Santé - The Conversation, 15 novembre 2018 - Flavien Bessaguet, Alexis Desmoulière, Physiologie de la douleur, Actualités Pharmaceutiques, Volume 62, Issue 629, 2023, Pages 22-26 – Inserm, 20 juillet 2022

  • Ecrit par : David Picot – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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