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Ce plat que vous détestiez lorsque vous étiez enfant vous semble désormais délicieux à l’âge adulte. La musique que vous écoutiez en boucle à 15 ans paraît moins fascinante quelques années plus tard. Rien d’étonnant. Derrière cette évolution des goûts réside un mélange complexe de biologie, de psychologie et d’expérience.
Le premier facteur est tout simplement le développement du cerveau. Chez l’enfant et l’adolescent, certaines zones du cerveau – notamment celles liées au contrôle des émotions et à la prise de décisions – sont encore en développement. Les préférences sont alors souvent influencées par la recherche de sensations fortes, la curiosité ou l’imitation des pairs.
En vieillissant, le cerveau devient plus stable dans ses circuits neuronaux. Les expériences accumulées modifient les connexions entre neurones et influencent ce que l’on apprécie. Autrement dit, chaque nouvelle expérience laisse une trace qui peut transformer nos préférences.
Nos goûts ne sont pas uniquement innés, ils se construisent. Par exemple, beaucoup d’aliments amers comme le café, sont rarement appréciés par les enfants, mais deviennent populaires chez les adultes. Cela s’explique en partie par l’habituation. A force d’exposition, le cerveau apprend à reconnaître et parfois à apprécier certaines saveurs.
Ce phénomène vaut aussi pour la musique, la littérature ou l’art. Plus on est exposé à un univers culturel, plus on développe la capacité d’en percevoir les nuances, et donc de l’apprécier.
Les goûts évoluent aussi parce que nos priorités changent. L’adolescence est souvent une période d’exploration et d’affirmation de soi. Les préférences servent alors à se distinguer ou à appartenir à un groupe.
À l’âge adulte, les choix sont souvent davantage guidés par le confort, les valeurs personnelles ou le sens que l’on donne à ses activités. Ce qui nous attire n’est plus seulement ce qui est nouveau ou populaire, mais ce qui correspond à notre identité.
Enfin, le corps lui-même évolue. Les papilles gustatives, par exemple, changent légèrement avec l’âge. Les enfants possèdent souvent une sensibilité plus forte à l’amertume, ce qui explique leur rejet de certains aliments. Avec le temps, cette sensibilité diminue et ouvre la porte à de nouvelles préférences culinaires.

Source : OMS - National Institute of Mental Health - Harvard University Center on the Developing Child

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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