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Près de 5 % des cancers du poumon non à petites cellules (environ 85 % des cas de cancer diagnostiqués) concernent des cancers du poumon ALK+. Ces cancers présentent une anomalie spécifique impliquant le gène de la protéine ALK (kinase du lymphome anaplasique) qui joue un rôle dans le développement des cellules. Concrètement, lors de la division cellulaire, une anomalie produit une protéine défectueuse qui stimule la croissance des cellules cancéreuses dans les poumons. Ce type de cancer est souvent diagnostiqué chez des personnes de moins de 50 ans et non-fumeuses. Chez ces patients, selon un communiqué des laboratoires Pfizer, le cancer résulterait d’une interaction entre l’anomalie du gène ALK et l’exposition à des facteurs de risque individuels (antécédents de tuberculose, de pneumonie ou de BPCO, d’irradiation, ou facteurs hormonaux chez les femmes) ou environnementaux (pollution de l’air).
Près de 79 % de ces cancers sont diagnostiqués à un stade avancé, souvent avec des métastases cérébrales (dans près de la moitié des cas) pouvant provoquer fatigue, nausées et maux de tête. Les autres symptômes au moment du diagnostic incluent la toux, l’essoufflement, la douleur thoracique et la perte de poids. « Chez des patients jeunes et non-fumeurs, le cancer du poumon n’est pas le premier diagnostic évoqué face à des signes respiratoires. Cela peut retarder l’identification de la maladie qui est souvent diagnostiquée à un stade avancé, avec parfois un retard de prise en charge, explique le Pr Nicolas Girard, pneumologue spécialisé en oncologie thoracique à l’Institut Curie (Paris).
Jusqu’à l’arrivée de traitements ciblés, il s’agissait d’un cancer de sombre pronostic. En cause, le retard de diagnostic, mais aussi les lésions cérébrales responsables de près de 50 % des décès liés à ce cancer. Mais l’arrivée des inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) a changé la donne. Ils permettent de ralentir la progression de la maladie. En outre les dernières générations de médicaments sont désormais capables d’agir sur les métastases cérébrales. Ces progrès récents permettent aujourd’hui à certains patients de vivre plusieurs années avec un cancer du poumon ALK + stable et maîtrisé, laissant entrevoir la possible possibilité que ce cancer devienne une maladie chronique.
Ainsi, l’étude de phase 3 CROWN apporte les résultats de suivi à 7 ans du médicament Lorviqua, développé par Pfizer et déjà disponible. Présenté le 29 mai au congrès annuel 2026 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) et publié dans la revue Annals of Oncology, ce travail visait à évaluer ce médicament par rapport à Xalkori (crizotinib) chez des patients atteints de ce cancer n’ayant jamais été traités auparavant. Pour rappel, le crizotinib était auparavant le traitement de référence du cancer du poumon non à petites cellules avancé ALK+. A 7 ans, 55 % des patients traités par Lorviqua étaient en vie sans progression de la maladie contre 3 % pour le bras Xalkori. Le risque de progression de la maladie ou de décès était inférieur de 81 %.
Quid des métastases cérébrales ? Lorviqua devait permettre d’inhiber les mutations tumorales responsables de la résistance aux autres inhibiteurs d’ALK et être capable de franchir la barrière hémato-encéphalique. Selon les résultats de l’étude, à 7 ans, une réduction de 94 % du risque de progression intracrânienne (IC) et sans nouvel événement de progression intracrânienne observé après les 30 premiers mois ont été observés. Lorviqua a permis de protéger les patients contre les métastases cérébrales beaucoup plus longtemps que Xalkori : après plusieurs années de suivi, la majorité des patients traités par Lorviqua n’avaient toujours pas connu d’aggravation du cancer dans le cerveau. Avec Xalkori, le délai médian a été atteint à 16,4 mois.
« Il y a une dizaine d’années, il était difficile d’imaginer une évolution aussi favorable pour les patients atteints d’un cancer du poumon ALK+. Longtemps associé à un pronostic sombre, ce type de cancer du poumon voit aujourd’hui son histoire transformée, souligne le Pr. Girard. Malgré des diagnostics encore souvent tardifs, les avancées des thérapies ciblées changent profondément la prise en charge : elles permettent non seulement de mieux contrôler la maladie, mais aussi d’améliorer significativement la qualité de vie. Désormais, de nombreux patients peuvent envisager de vivre plus longtemps avec leur cancer, et même vieillir avec, dans des conditions que l’on n’aurait pas cru possibles il y a encore quelques années. »

Source : Pfizer

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet