« Il faut diminuer les niveaux sonores dans les services de néonatalogie. » C’est en substance le message adressé par une équipe franco-suisse au terme d’une étude qui montre que le bruit ne perturbe pas seulement le sommeil des bébés prématurés. Il altère aussi leurs capacités tactiles.

Des psychologues de l’université de Genève et du Laboratoire de psychologie et neurocognition (Université Pierre Mendès France Grenoble 2) associés à des médecins du service de néonatologie du CHU de Grenoble ont travaillé auprès de 63 nouveau-nés. Tous étaient prématurés et âgés de 29 à 35 semaines lors de l’étude.

Les scientifiques ont d’abord montré que les petits en question étaient capables de reconnaître et de distinguer deux objets de formes différentes (un prisme et un cylindre), avec une main. Ils ont pour cela utilisé une méthode qui s’appuie sur « un principe simple et universel qui est le désintérêt progressif que nous manifestons pour un objet familier et le regain d’attention que nous avons pour un objet nouveau ».

Quelles conséquences à long terme ?

Dans le silence, les nourrissons ont parfaitement distingué les deux petits objets. En revanche, à chaque fois que leur pompe de nutrition centrale sonne – ce qui arrive au moins 8 fois par jour, durant plusieurs semaines en fonction du degré de prématurité – ils n’y parviennent pas.

Il existe donc bien « une communication fonctionnelle précoce entre les modalités tactiles et auditives du prématuré. Et l’alarme qui active la sensorialité auditive le perturbe dans sa sensorialité tactile », soulignent les auteurs. Avant d’ajouter : « si le bruit perturbe leurs capacités tactiles, l’on peut se demander quel est l’impact à long terme d’une telle stimulation auditive sur leur développement neurologique »…

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