Pour la première fois au monde, un enfant est né suite à une maturation ovocytaire réalisée en laboratoire dans un hôpital parisien. Cette technique de procréation médicalement assistée a permis à une femme souffrant d’une insuffisance ovarienne prématurée de devenir maman.

Parmi les techniques utilisées dans la Procréation médicalement assistée (PMA), il en est une qui n’avait pas encore fait ses preuves. C’est désormais chose faite puisque la première naissance au monde après maturation ovocytaire in vitro s’est déroulée à l’hôpital Jean-Verdier AP-HP cette année.

En clair, les ovocytes de la patiente, qui ne pouvaient arriver à maturation tout seuls en raison d’un dysfonctionnement ovarien d’origine auto-immune ont été prélevés « par ponction ovarienne à travers le vagin, sous contrôle échographique, sans aucune stimulation ovarienne préalable », détaillent les praticiens. Les équipes du Pr Michaël Grynberg et du Dr Christophe Sifer ont « ensuite fait maturer ces ovocytes au laboratoire pendant 24 à 48 heures ». Cette technique est appelée maturation d’ovocytes in vitro (MIV).

La vitrification ovocytaire sans stimulation ovarienne

Jusqu’à présent, avant de pouvoir vitrifier (congeler de façon rapide) des gamètes féminines, il était nécessaire d’obtenir d’abord des ovocytes matures suite à une stimulation hormonale des ovaires. « Cependant, certaines pathologies hormono-dépendantes, telles que le cancer du sein, peuvent contre-indiquer l’administration de traitements hormonaux », précisent les médecins. « Dans d’autres cas, la stimulation ovarienne n’est pas envisageable faute de temps ou de réponse des ovaires. » La patiente prise en charge à l’hôpital Jean-Verdier AP-HP ne pouvait ainsi pas bénéficier d’une stimulation ovarienne en raison d’un dysfonctionnement d’origine auto-immune. Ses ovocytes ne pouvaient tout simplement pas maturer, quel que soit le traitement appliqué.

« Même si la compétence ovocytaire ou embryonnaire reste moins importante qu’après stimulation ovarienne, nous venons de prouver que la MIV peut constituer une réelle alternative en matière de préservation de la fertilité féminine », se réjouit le Pr Grynberg. Un espoir important pour de nombreuses femmes dans une situation similaire.

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