Problèmes de sommeil : la mélatonine, pas vraiment recommandée

[07 novembre 2018 - 10h30] [mis à jour le 12 novembre 2018 à 10h53]

Favorisant l’endormissement, la mélatonine est une hormone sécrétée naturellement pendant la nuit. Mais lorsqu’elle est prise sous forme de complément alimentaire pour lutter contre les troubles du sommeil, non seulement elle serait d’une efficacité limitée mais en plus, elle exposerait à des effets indésirables, en particulier neuropsychiques, cutanés et digestifs.

La mélatonine, une hormone secrétée principalement par le cerveau, a pour fonction principale d’informer l’organisme de l’alternance jour-nuit, permettant de favoriser l’endormissement. Pour lutter contre des problèmes de sommeil, certains l’utilisent sous forme de médicament ou de complément alimentaire. Problème, pour les rédacteurs de la Revue Prescrire, « quels que soient sa dose et son statut, en cas de mauvais sommeil, la mélatonine n’est pas plus efficace qu’un placebo. »

Syncopes, maux de tête, anxiété…

Pire, elle exposerait à divers effets indésirables. De 2009 à mai 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en a recueilli 90. De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en a récolté plus de 200 entre 1985 et 2016.

« Ces effets étaient surtout des troubles neuropsychiques (syncopes, somnolences, maux de tête, convulsions, anxiété, troubles dépressifs), des troubles cutanés de type éruptions diverses et des troubles digestifs (vomissements, constipations, atteintes du pancréas) », peut-on lire dans la Revue Prescrire. « Des troubles du rythme cardiaque, régressant à l’arrêt de la mélatonine, ont été observés. »

Enfin, des études menées chez l’animal appellent à la plus grande prudence quant à une utilisation en cours de grossesse. Vous l’aurez compris, la mélatonine n’est pas vraiment un produit anodin. Si vous rencontrez des problèmes de sommeil, avant de vous lancer dans une cure, parlez-en à votre médecin.

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