Prothèses PIP : la composition des gels a varié dans le temps

[06 janvier 2012 - 10h35] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h49]

La deuxième réunion du Comité de suivi des femmes porteuses d’implants mammaires PIP s’est tenue hier soir jeudi au ministère de la Santé. Il y a notamment été question de la composition des gels. Par ailleurs, face à l’ampleur de ce scandale, le ministre Xavier Bertrand a demandé que lui soit remis un rapport complet sur la chronologie des événements liés à ces prothèses mammaires PIP. A ce jour enfin, 20 cas de cancer ont été rapportés chez des porteuses d’implant PIP mais aucun lien n’est formellement établi.

« Réalisé par l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS), ce rapport lui sera remis d’ici 2 à 3 semaines », nous a-t-on confirmé à la Direction générale de la Santé (DGS). Courriers, mesures de sécurité, alertes de pharmacovigilance, « il devra remonter aussi loin que possible ».

Quelle est la composition exacte des gels PIP ? Pour l’heure difficile de réponde avec précision à cette question qui a fait l’objet de vives discussions lors de ce Comité de suivi. Et pour cause, il semble en effet « que cette composition ait varié au cours des années et même en fonction des types de prothèses », explique la DGS.

Ce Comité de suivi va désormais se tenir tous les mois. Il est présidé par le Directeur général de la Santé. Il est composé de membres de l’AFSSaPS, de l’Institut de veille sanitaire (InVS), de l’Institut national du cancer (InCA), de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Le Conseil national de l’Ordre des Médecins et des représentants de sociétés savantes en sénologie et pathologie mammaire, cancérologie, hématologie, chirurgie plastique et reconstructrice sont également présents. A noter enfin que l’Association de défense des porteuses de prothèses de la marque P.I.P. (PPP), le Mouvement de Défense des Femmes Porteuses d’Implants et de Prothèses (MDFPIP) et de la Ligue nationale de lutte contre le cancer, participent aux débat.

Rappelons qu’en France, 30 000 femmes porteuses d’implants mammaires défectueux PIP sont invitées à se les faire retirer. Mais le scandale a pris ces derniers temps une envergure internationale : à l’échelle mondiale, en effet, on estime entre 300 et 400 000 le nombre de femmes porteuses.

20 cas de cancers rapportés en France…

A la date du 28 décembre 2011, les données de matériovigilance indiquent 1 143 ruptures de prothèses et 495 réactions inflammatoires avec ou sans perspiration du gel à travers l’enveloppe. De plus, 20 cas de cancers ont été rapportés chez des femmes porteuses d’implants PIP (1 cas de lymphome anaplasique à grande cellules, 15 cas d’adénocarcinome mammaire, 1 cas de lymphome amygdalien, 1 cas de lymphome folliculaire, 1 cas d’adénocarcinome du poumon et 1 cas de leucémie aigüe myéloblastique).

Par ailleurs, 672 explantations préventives effectuées à la demande de la patiente ont été déclarées à l’AFSSaPS, « dont 23 ruptures et 14 perspirations découvertes à l’explantation ».

L’agence ajoute que « l’actualisation de ces données ne remet pas en cause les conclusions du groupe d’experts de l’Inca indiquant qu’à ce jour l’imputabilité entre les cas de cancer et le port d’implants PIP n’est pas établi. Le nombre de cancers du sein à ce jour rapporté chez les femmes porteuses d’implants PIP reste inférieur au taux observé dans la population générale. »

La Ligue contre le Cancer débloque un fonds d’urgence

Par ailleurs, la Ligue contre le Cancer a annoncé ce vendredi, avoir débloqué « un premier fonds d’urgence de 50 000 euros ». Il servira dans un 1er temps « au soutien psychologique, social et matériel des femmes concernées et plus particulièrement celles se trouvant en situation de détresse tant psychologique qu’économique. Et à l’accompagnement juridique des victimes par l’intermédiaire d’une cellule spécifiquement dédiée ».

Elle ajoute que « les demandes d’aides et d’assistance transiteront par la Ligue ». Celle-ci peut en effet être contactée par l’intermédiaire de son « dispositif de téléphonie sociale : 0810 111 101. Celui-ci sera pleinement opérationnel dès le lundi 9 janvier.

Elle annonce enfin qu’elle va également « porter plainte pour placer sur la scène judiciaire la parole des victimes et garantir une juste indemnisation des préjudices subis ».

Pour toute information complémentaire, un numéro vert (appel gratuit) national 0800 636 636 est disponible. Ouverture du lundi au samedi de 9h00 à 19h00.

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