Maladie chronique de la peau caractérisée par la survenue de plaques, le psoriasis pèse lourdement sur la qualité de vie des patients. Lesquels changent régulièrement de traitement et s’isolent parfois au point de refuser toute prise en charge. C’est ce que les spécialistes appellent l’errance thérapeutique.

Rappelons que le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche environ 2 millions de personnes en France. Il se caractérise par l’apparition de plaques rouges sur le corps, mais aussi de squames. Lesquels sont particulièrement présents au niveau des zones de frottement comme les coudes, les genoux ou encore le cuir chevelu. Ils sont en réalité provoqués par un renouvellement accéléré de la couche de l’épiderme, la plus superficielle de la peau.

Le Dr Philippe Beaulieu est dermatologue à Pontoise dans le Val d’Oise. De nombreux patients souffrant de psoriasis fréquentent son cabinet. Il sait à quel point cette pathologie peut exposer les malades à une forme de détresse. Notamment parmi celles et ceux présentant une forme modérée à sévère de la maladie. « Certains pensant avoir tout essayé au niveau des traitements, décident de ne plus se traiter. D’autres se sentant désabusés, passent de médecin en médecin à la recherche de la solution miracle. Ils estiment que les traitements prescrits ne sont pas assez efficaces. »

De nombreux patients abandonnent les traitements

Ainsi selon une enquête européenne, 47% des patients n’ont pas consulté de médecin au cours des 12 derniers mois. Et plus de 85% éprouvent le besoin de disposer de meilleurs traitements. Conséquence : près de 50% ont décidé d’interrompre les médicaments prescrits.

« Parmi les maladies dermatologiques, le psoriasis est une pathologie difficile à gérer pour les patients. Ils essaient de trouver le médicament le plus efficace, avec le moins d’effets secondaires. C’est pourquoi certains changent régulièrement de solutions thérapeutiques », explique le Dr Beaulieu. « Par méconnaissance mais également par peur des nouveaux traitements, les patients décident parfois de se soigner seuls. Certains même ne se traitent pas du tout ».

Comme dans toute maladie chronique, l’éducation thérapeutique permet de lutter contre cette errance. Mais pas seulement pour le Dr Beaulieu. « Oui l’éducation a toute sa place pour améliorer la prise en charge du psoriasis. Mais elle ne suffit pas. Il est nécessaire que médecin et patient établissent un véritable contrat de soins. Et ce d’autant plus que nous disposons de suffisamment de traitements pour proposer la stratégie la plus adaptée en fonction de chaque malade ».

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