Qu’est-ce que le syndrome post-réanimation ?

23 mars 2026

Une hospitalisation dans un service de réanimation apparaît de nature à entraîner des séquelles à moyen voire à long terme, chez certains patients. Les spécialistes parlent ainsi de syndrome post-réanimation.

De reportages en articles de presse, la pandémie de Covid-19 a braqué les projecteurs sur les services de réanimation des hôpitaux, où des milliers de patients en détresse respiratoire ont été pris en charge. Ils ont ainsi bénéficié de soins médicaux complexes qui peuvent causer un syndrome post-réanimation (PICS pour post-intensive care syndrome), potentiellement difficile à surmonter.

Qui sont les personnes à risque ? 

Certains facteurs semblent prédisposer certains patients à la survenue d’un syndrome post-réanimation. En particulier, les personnes :

  • âgées de plus de 75 ans ;
  • présentant des troubles cognitifs ou des antécédents psychologiques ou psychiatriques ;
  • hospitalisées en réanimation à la suite d’un choc septique ou d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë ;
  • présentant un delirium pendant la réanimation ;
  • ventilées mécaniquement ou traitées par certains médicaments (catécholamines) en réanimation pendant plus de 3 jours ;
  • ayant du mal à être autonomes en sortie de réanimation ;
  • dénutries ;
  • présentant des souvenirs d’épisodes délirants ou une expérience négative de la réanimation.

Quels sont les symptômes ? 

Ce syndrome « désigne ainsi un ensemble de symptômes qui apparaissant dans les 12 mois après une hospitalisation en réanimation, voire au-delà », précise la Haute Autorité de Santé (HAS). Ils peuvent être de nature très diverse :

  • physique: chez environ 40 % des patients. Il s’agit de troubles musculaires et neurologiques, d’ atteintes ostéoarticulaires, de séquelles cutanées « et autres séquelles spécifiques d’organes », ajoute la HAS ;
  • psychologique ou psychiatrique chez 20 % à 35 % des patients, à travers des troubles anxieux, dépressifs ou post-traumatiques ;
  • cognitive chez 20 % à 50 % des patients. Il s’agit de pertes de mémoire, de perte de fluidité verbale, de troubles d’attention ou encore d’altérations des fonctions exécutives, en lien avec la logique, la stratégie, la planification, la résolution de problèmes et le raisonnement. 

Quels impacts ? 

Ce syndrome entraîne donc « des conséquences parfois considérables sur la qualité de vie des patients, leur autonomie et leur réinsertion socioprofessionnelle, précise la HAS. Les données disponibles indiquent que 12 mois après leur sortie de réanimation, entre 30 % et 45 % des patients ne sont pas en mesure de reprendre leur activité professionnelle ».

Comment éviter le syndrome post-réanimation ? « La HAS recommande de repérer les patients présentant un ou plusieurs facteurs prédisposant au PICS et de prévenir son apparition par la mise en place de mesures spécifiques comme la prévention et le traitement du delirium en vue de réduire les conséquences des troubles cognitifs après le séjour en réanimation. »

  • Source : Haute Autorité de Santé (HAS) - J. Le Marec, Youenn Jouan, S. Ehrmann, C. Salmon Gandonnière. Le syndrome post-réanimation. La Revue de Médecine Interne, 2021,

  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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