Rage: 80 ans après, le retour!

[02 septembre 2004 - 00h00]

Le mot fait peur. Il évoque une maladie d’un autre âge, sans doute aussi ancienne que l’humanité. Mais elle n’est pas révolue : chaque année dans le monde, 40 000 à 70 000 personnes en meurent encore. En France, le dernier cas humain d’origine autochtone remonte à 1924.

Quatre-vingt ans après, la voici à nouveau d’actualité depuis l’alerte déclenchée ces derniers jours par la préfecture de Gironde. Un chiot infecté, importé illégalement en France, fait craindre le pire. Au moins neuf personnes et 3 autres chiens auraient été en contact avec cet animal. Il a été abattu, mais ses contacts sont activement recherchés. Pour tous, il y a danger de mort.

La rage se transmet principalement par morsure. Le plus souvent par un chien mais aussi par une chauve-souris, un chat, un renard… A un degré moindre, griffures et autres léchages peuvent représenter des facteurs de propagation. Pour la petite histoire, la maladie est due à un virus de la famille des Rhabdoviridae.

Contrairement aux virus transportés par voie sanguine, le virus rabique se diffuse dans l’organisme par voie nerveuse. Après une période d’incubation qui peut aller de un à six mois, la maladie apparaît jusqu’à provoquer une méningo-encéphalite. Altération du caractère, état dépressif et/ou anxieux, douleurs au niveau de la cicatrice de morsure… la maladie commence à se manifester par de nombreux signes.

Elle peut ensuite basculer vers une phase dite d’excitation. Celle-ci est caractérisée par des spasmes intenses au niveau des membres, du tronc mais aussi par une hydrophobie – crainte morbide de l’eau et de tous les liquides en général – et des troubles mentaux : accès maniaques et hallucinations. Enfin, une paralysie des extrémités et des nerfs crâniens est généralement constatée avant la mort, inéluctable, qui survient par suffocation.

Au cours de nombreuses épidémies de rage les siècles passés, il n’était pas rare de voir des victimes de morsures d’un animal suspecté de rage mettre aussitôt fin à leurs jours… Grâce à Louis Pasteur et son vaccin, il est aujourd’hui possible de guérir. A condition d’agir avant les premiers symptômes.

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