Reflux gastro-œsophagien : trop de prescriptions d’IPP inutiles

[20 décembre 2018 - 11h59] [mis à jour le 20 décembre 2018 à 12h00]

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont indiqués dans le traitement du reflux gastro-oesophagien (RGO) et de l’oesophagite par RGO, mais seulement dans certains cas très précis. Ces médicaments sont pourtant trop souvent prescrits à tort selon les dernières données publiées par l’ANSM. Celle-ci rappelle donc les cas pour lesquels ces molécules doivent être réservées.

Au total, près de 16 millions de personnes ont reçu une prescription d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) en 2015 en France. Un nombre très élevé au regard des indications précises recommandées pour ces molécules.

Dans le détail, « les IPP sont très souvent initiés en prévention des lésions gastroduodénales dues aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez des patients ne présentant pas de facteur de risque justifiant une protection gastrique systématique », note l’Agence. C’est le constat réalisé dans 80% des traitements.

Or ces médicaments sont indiqués en présence de ces pathologies uniquement « dans la prévention chez les patients à risque et le traitement des lésions gastroduodénales dues aux AINS, et dans l’éradication d’Helicobacter pylori et le traitement des ulcères gastroduodénaux ».

Rappel primordial

Ce bilan incite l’ANSM à « rappeler qu’à ce jour, l’intérêt de la prévention des lésions gastroduodénales en cas de prise d’AINS, chez l’adulte, n’est établi qu’en présence de facteurs de risque » précis. Les patients doivent :

  • Être âgé de plus de 65 ans ;
  • Avoir un antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal ;
  • Être traité par antiagrégant plaquettaire, anticoagulant ou corticoïde.

« Il est important de ne pas banaliser l’utilisation des IPP », rappelle l’Agence. « En effet, bien que les IPP soient généralement bien tolérés à court terme, leur utilisation au long cours n’est pas sans risque. » En effet, leur usage à long terme induit un risque d’infections, de fractures et d’hyponatrémies, rappelait la revue Prescrire en septembre dernier.

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