Lequel de notre intestin ou notre cerveau joue le rôle le plus important dans la régulation de notre appétit ? L’implication de ces deux usines à neurones fait débat dans le corps médical… Et oriente la prise en charge de troubles métabolique comme le diabète et l’obésité. 

Aujourd’hui, la médecine ne sait pas encore dire quelles hormones sont les plus impliquées dans la régulation de l’appétit. Celles produites par le cerveau ou plutôt celles sécrétées au niveau intestinal ? La question est d’importance : en effet, un déséquilibre dans le contrôle de l’appétit constitue un facteur de risque de l’obésité et du diabète, deux pathologies en partie liées à un dérèglement du métabolisme.

Des scientifiques ont débattu autour de cette question à l’occasion de la conférence annuelle de la Société d’endocrinologie organisée à Glasgow. En reprenant le fil de ce débat, on rappelle que « la régulation de l’appétit, processus très complexe, inclut des hormones du cerveau et de l’intestin : l’insuline, la leptine et la ghréline. Lorsqu’elles sont libérées, ces dernières jouent le rôle de chef d’orchestre pour le métabolisme ». 

L’intestin, organe cible !

Pour le Dr Carel Le Roux (Imperial College London, Royaume-Uni),  « l’intestin est directement impliqué dans le contrôle hormonal et devrait être l’organe cible des traitements développés dans la prise en charge de tout déséquilibre métabolique ».

Les arguments ? « L’intestin est considéré comme l’organe ayant la fonction endocrine la plus développée du corps », défend le Dr Le Roux. « A chaque repas, notre organisme répond par la sécrétion intestinale d’un cocktail d’hormones. » Et ces dernières entrent « en parfaite communication avec tous les autres organes ». Ainsi, « l’intestin constitue la principale cible pour trouver des solutions thérapeutiques dans la prise en charge des diabètes de type 1 et 2 ». Enfin, « les traitements les plus efficaces chez les patients obèses  se basent sur la puissance des intestins pour enclencher et maintenir la perte de poids ». 

Le cerveau, chef d’orchestre…

Pour le Dr Giles Yeo (Université de Cambridge, Royaume-Uni) en revanche, le cerveau reste l’organe maître dans la régulation hormonale de l’appétit. Précisément, « la grande majorité des gènes impliqués dans l’obésité sont spécifiques de la fonction cérébrale ». Autre point, « des variations génétiques liées aux changements de l’indice de masse corporelle (IMC) sont pour la plupart associées à l’activation de gènes cérébraux ». 

Concernant le rôle de l’intestin dans la régulation du métabolisme, le Dr Yeo n’est pas radical. « Certes, les opérations pour surcharge pondérale modifient les hormones intestinales ». Ces changements « donnent plus d’énergie au patient et diminuent les prises alimentaires », atteste-t-il. « Cependant, c’est le cerveau qui facilite ces variations ». Ainsi, « je suis sûr qu’étudier la réponse cérébrale dans la régulation des hormones pourrait faire avancer le développement de la médecine personnalisée du diabète et de l’obésité. »

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