Santé : les revers du progrès

05 novembre 2010

Le développement d’un pays, sa progression vers une plus grande richesse s’accompagnent bien souvent, de l’apparition de maladies nouvelles. Sédentarité, adoption de nouveaux comportements alimentaires, tabagisme… Tous ces changements dans les modes de vie représentent une forme de rançon du progrès. Ils concourent à l’émergence de nouvelles affections, chroniques et mortelles, comme les maladies cardiovasculaires. C’est ce que les spécialistes appellent la transition épidémiologique. Explications avec le Pr Abdelhamid Aberkane, ministre algérien de la santé entre 2001 et 2003, et aujourd’hui chef du service de Réanimation médicale au CHU de Constantine.

« L’espérance de vie en Algérie, est passée de 52 ans en 1962 à 75 ans aujourd’hui. Ce changement radical s’est traduit par un vieillissement de la population, et l’alourdissement de toutes les pathologies liées à l’âge ». Affections cardiovasculaires, diabète, obésité, maladies respiratoires chroniques…

Pour Abdelhamid Aberkane, la transition épidémiologique se caractérise en premier lieu par une moindre incidence des maladies infectieuses, et cela grâce au développement des vaccinations. « La période est donc marquée par le passage de la lutte contre les maladies infectieuses, à l’apparition de pathologies dégénératives liées au vieillissement, et aux comportements. »

L’Algérie est aujourd’hui confrontée à une véritable « épidémie » d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d’infarctus du myocarde. « C’est un fardeau extrêmement lourd en ce moment, en Algérie. L’hypertension artérielle, premier facteur de risque d’AVC, n’est pas assez prise en charge dans notre pays. Le tabagisme ne cesse de progresser, et avec les changements alimentaires l’incidence du diabète a considérablement augmenté ces dernières années ». Hypertension, diabète, tabagisme, mauvaise hygiène alimentaire… Voilà le cocktail détonnant auquel doivent faire face la plupart des pays sur le chemin du développement.

« Cela s’est complètement transformé », poursuit le Pr Aberkane. « Par exemple en cardiologie, les chirurgiens qui auparavant opéraient pratiquement tout le temps des valvulopathies rhumatismales ont vu diminuer cette demande. La prise en charge repose désormais sur une meilleure antibiothérapie. En revanche, ils sont aujourd’hui sollicités pour pratiquer des angioplasties coronariennes ». Et la cause de ces dernières n’est pas liée à des infections, mais à l’évolution des styles de vie…

Conscient de ces changements profonds au niveau de la santé publique, l’ancien ministre se veut pourtant optimiste. « L’Algérie se prépare à cette évolution. Elle a déjà mis en place des structures médicales qui lui permettent de répondre à ces nouveaux défis. Mais nous devons également traiter ces problèmes à la source, et mener une vraie politique de prévention. Il est indispensable entre autres, de mieux gérer le diabète et la lutte contre le tabagisme ».

  • Source : Interview du Pr Abdelhamid Aberkane, 20 octobre 2010

Destination Santé
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