Au congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO) qui s’est tenu ce weekend à Chicago, une équipe européenne a montré qu’une chimiothérapie d’entretien (c’est-à-dire un traitement de suivi à faibles doses après le traitement initial) améliorait la survie des enfants atteints d’un rhabdomysarcome. Il s’agit là d’une forme rare de cancer du muscle.

Les rhabdomysarcomes sont des cancers pédiatriques rares. Chaque année en France, environ 100 enfants et adolescents sont touchés par cette maladie. La tumeur peut être retrouvée partout dans le corps mais principalement dans la région de la tête et du cou, des membres et de la sphère uro-génitale.

La prise en charge des patients à haut risque de rechute consiste en 9 cures de chimiothérapie. En fonction de la pathologie, de sa localisation, la chirurgie et la radiothérapie peuvent venir compléter le traitement. Le taux de guérison est en moyenne de 70%.

Des chercheurs européens* ont cherché à déterminer si la prolongation du traitement (six mois de chimiothérapie dite « d’entretien » en plus) pouvait apporter un bénéfice aux enfants.

Il s’agit en fait d’administrer un traitement à faibles doses (par voie orale de façon quotidienne et injections hebdomadaires). Selon les auteurs cette méthode « est mieux toléré que la chimiothérapie standard et agit par des mécanismes probablement différents, modulant l’immunité et bloquant la formation des vaisseaux nécessaires à nourrir les cellules tumorales. »

Un taux de survie amélioré de 13%

La rareté de ce cancer a nécessité une coopération entre 14 pays et 158 hôpitaux pour mener cette étude pendant 10 ans. Pour parvenir à des conclusions « certaines », il a été nécessaire d’inclure 370 enfants et adolescents âgés de 1 à 21 ans.

Les résultats présentés à l’ASCO montrent que le traitement d’entretien augmente d’environ 13% le taux de guérison. A 5 ans du diagnostic, 86,5% des enfants traités par la chimiothérapie d’entretien ont survécu contre 73,7% sans traitement d’entretien.

« Suite aux résultats de cette étude, le standard de traitement a évolué », note l’Institut Gustave Roussy dans un communiqué. « Les enfants et adolescents atteints d’un rhabdomyosarcome classés de haut risque reçoivent désormais une chimiothérapie d’entretien de 6 mois après les 6 premiers mois du traitement d’induction. »

*Le volet français a été conduit par l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), le Centre Léon Bérard (Lyon) et l’Institut Curie (Paris)

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