Sécurité sociale : les médicaments au régime sec ?

[26 septembre 2013 - 16h32] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]
La sécurité sociale affiche pour 2013 un déficit de 16,2 milliards d’euros ©Phovoir

Dans son Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté ce jeudi matin, la ministre de la Santé, Marisol Touraine s’est fixé comme objectif de ramener le déficit de la sécurité sociale à 12,8 milliards d’euros en 2014. Contre 16,2 milliards en 2013.  Soit une prévision de 4 milliards d’euros d’économie. Les efforts porteront en grande partie sur la branche Assurance-maladie (2,4 milliards).  Et notamment sur le poste ‘médicaments’.

« Une fois encore, les pouvoirs publics font peser l’essentiel des mesures d’économies sur le médicament », indiquent les Entreprises du Médicament (Leem). « Ce secteur, qui ne contribue qu’à hauteur de 15% aux dépenses de santé, participe déjà à hauteur de 56% aux économies ».

En effet, les baisses de prix demandées pour 2014 s’élèvent à 960 millions d’euros. Selon le PLFSS, ceci sera rendu possible par « l’optimisation des médicaments génériques, les baisses de prix de médicaments sous brevet et des convergences de prix au sein du répertoire ». Toujours dans le même domaine, le gouvernement envisage la dispensation du médicament à l’unité. « Il s’agit dans un premier temps, de mettre en place une expérimentation (…) portant sur des médicaments ciblés, par exemple, certains antibiotiques ». Objectif du gouvernement lutter contre la surconsommation d’une part et les gâchis d’autre part.

Pas touche à l’hôpital !

Par ailleurs, un effort de 440 millions d’euros sera demandé aux hôpitaux. C’est bien peu si l’on se fie aux recommandations de la Cour des Comptes. Laquelle demandait il y a une semaine « des réformes structurelles des hôpitaux ».  Rappelons que le budget total accordé aux hôpitaux publics est de 64,9 milliards d’euros de l’hôpital public français, soit près de 40% des dépenses d’Assurance-maladie.

D’autres économies sont prévues pour ce PLFSS 2014, avec notamment « des mesures de baisse tarifaire pour certains professionnels de santé (biologistes, radiologues, à hauteur de 130 millions d’euros (…), baisse des prix des dispositifs médicaux (70 millions d’euros).

Côté nouvelles dépenses, notons que le sevrage tabagique à destination des jeunes de 20 à 25 ans sera trois fois mieux remboursé. A savoir 150 euros annuels, contre 50 actuellement. Le tiers-payant sera accordé dès 2014 aux jeunes filles de 15 à 18 ans pour les examens nécessaires à la prescription de produits de contraception. Cette mesure prolongera celle de l’an dernier assurant la gratuité de la contraception pour les mineures à partir de 15 ans. En 2014, les moyens consacrés aux établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées et handicapées seront également augmentés de 584 millions d’euros supplémentaires.

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : David Picot

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