Pratiquer une activité physique régulière pendant 6 mois permettrait aux seniors atteints de troubles cognitifs de rajeunir de 9 ans. Un bénéfice rapporté lorsque le sport est associé à un régime alimentaire adapté.

Pratiquer une activité physique stimule nos capacités neurologiques. Un bénéfice important notamment lorsque le déclin cognitif lié à l’âge, non pathologique donc, commence à se faire sentir.

Pour évaluer ces bienfaits, l’équipe du Pr James A. Blumenthal* a suivi 160 volontaires âgés de 65 ans en moyenne. Tous présentaient un facteur de risque cardiovasculaire comme de l’hypertension. En revanche, aucun des participants ne souffraient de démence à proprement parler, mais plutôt d’altération cognitive normalement repérée chez le sujet vieillissant. Des troubles bénins traduits par une légère altération de la mémoire, de la concentration et de la capacité à prendre des décisions. Autre point, au début de l’étude, les seniors avaient un mode de vie sédentaire.

3 séances de sport par semaine et un régime adapté

Les scientifiques ont évalué l’impact de l’activité physique régulière. Le module « sport » contenait 3 séances hebdomadaires de 45 minutes chacune. Sur cette durée, 10 minutes correspondaient à un rythme intense et les 25 autres minutes à de l’aérobie (marche, course, vélo extérieur ou d’intérieur).  Les bénéfices d’un régime spécifique ont aussi été considérés. Basé sur la prévention de l’hypertension artérielle, ce régime consistait à diminuer les apports en sodium et à privilégier les sources de fibres issues des fruits et des légumes, des haricots, des aliments pauvres en matière grasses, des céréales complètes et des viandes maigres.

Les 160 volontaires ont été répartis en 4 groupes équitables : « exercice physique seul », « régime seul », « exercice physique et régime », « éducation nutritionnelle*». Au début de l’étude et à la fin, après 6 mois de suivi donc, les scientifiques ont testé les compétences cognitives et la mémoire de chaque volontaire. Idem concernant les facultés cardiorespiratoires, l’évolution du risque cardiovasculaire à partir de la mesure de la pression artérielle, du taux de glucose et de lipides dans le sang.

L’âge cognitif passe de 93 ans à 84 ans

Résultats, « comparés aux volontaires sédentaires, ceux qui pratiquaient une activité physique observaient une amélioration de leurs capacités cognitives ». Et l’association avec le régime semble bonifier ces données. En effet, « le groupe “exercice physique + régime” rapportait un score de 47 points sur l’échelle des capacités cognitives, contre 42 pour le groupe “exercice physique seul” ou “régime seul”». Le score était de 38 pour le groupe « éducation nutritionnelle ».

Au début de l’étude, « la moyenne d’âge cognitive des volontaires s’établissait à 93 ans. Soit 28 ans de plus que leur âge biologique », précise le Pr Blumenthal. Après 6 mois, cette donnée était de 84 ans dans le groupe « exercice physique et régime », 9 ans de rajeunissement pour le cerveau donc ! Les volontaires du groupe « éducation nutritionnelle », eux, ont vu leur potentiel diminuer au fil de l’étude.

*Duke University Medical Center, Durham, Caroline du Nord (Etats-Unis)

**programme basé sur un appel téléphonique par semaine ou toutes les deux semaines

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