Seuls 4 Français sur 10 formés aux gestes qui sauvent

09 avril 2026

La Fédération Française de Cardiologie (FFC) lance une campagne pour sensibiliser à l’urgence d’agir face à l’arrêt cardiaque. Le taux de survie reste inférieur à 10 %, alors qu’il pourrait atteindre jusqu’à 50 % si les gestes de premiers secours étaient réalisés immédiatement. Or, selon un sondage IFOP 2026 pour la FFC dévoilé ce 9 avril, 61 % ont peur de mal faire et 53 % de blesser la victime. Se former, c’est une à deux heures de son temps, et dès l’âge de 10 ans !

Dans la majorité des situations – 7 cas sur 10 -, un arrêt cardiaque se produit en présence de témoins et 70 % dans la sphère privée. Ces témoins sont le premier maillon de la chaîne de survie. En l’absence d’une réaction immédiate, les probabilités de survie diminuent fortement, avant même l’intervention des secours : chaque minute sans prise en charge réduit d’environ 10 % les chances de survie. Chaque année en France, près de 50 000 personnes meurent d’un arrêt cardiaque. Les résultats du nouveau sondage IFOP 2026 pour la Fédération française de cardiologie à l’occasion du lancement de sa « campagne nationale pour inscrire les gestes qui sauvent dans le quotidien » mettent en évidence des progrès dans la connaissance, mais aussi des limites dans le passage à l’action. Aujourd’hui, seuls 4 Français sur 10 sont formés aux gestes qui sauvent.

La peur, le principal obstacle à l’intervention, avec le manque de formation

Si 98 % des Français déclarent reconnaître au moins un symptôme de l’arrêt cardiaque, 67 % commettent encore des erreurs dans l’identification des signes. Par ailleurs, 65 % pensent à tort qu’il faut placer la victime en position latérale de sécurité.

Le massage cardiaque est réalisé par 68 % des témoins, tandis que l’utilisation du défibrillateur ne concerne que 32 % d’entre eux. Par ailleurs 61 % des personnes craignent de mal agir et 53 % redoutent de blesser la victime.

Arrêt cardiaque : deux signes à reconnaître

Face à une personne qui s’effondre, deux signes permettent de reconnaître un arrêt cardiaque : la victime est inconsciente et ne répond pas ; sa respiration est absente ou anormale. Il faut agir immédiatement. La conduite repose sur trois actions successives ALERTER – MASSER – DÉFIBRILLER : alerter les secours en appelant le 15, le 18 ou le 112, débuter un massage cardiaque (« je mets les mains au centre de la poitrine, les bras tendus et j’effectue deux compressions thoraciques par seconde, sans m’arrêter »), puis utiliser un défibrillateur dès que possible (« j’envoie un autre témoin chercher un défibrillateur. Je l’installe et j’écoute les consignes données par l’appareil »).

Dans une vidéo tournée à l’occasion de cette campagne nationale, le Pr Jérôme Roncalli, cardiologue au CHU de Toulouse (Haute-Garonne) et vice-président de la FFC explique : « l’arrêt cardiaque correspond à l’arrêt de la fonction de pompe du cœur, ce qui bloque la circulation sanguine et prive notamment le cerveau d’oxygène. Pour rétablir un flux sanguin cérébral, il faut remplacer temporairement cette fonction en réalisant un massage cardiaque. En France, 92 % des arrêts cardiaques sont aujourd’hui fatals. Il est donc crucial de commencer le massage cardiaque : agir, même imparfaitement, vaut mieux que de ne rien faire, car cela peut sauver des vies ».

Se former, dès l’âge de 10 ans et régulièrement : 1 à 2 heures suffisent

Des vies peuvent être sauvées grâce à une formation, puis en maintenant ces compétences tout au long de la vie. Toujours d’après le sondage IFOP-FFC 2026, les Français attendent beaucoup de la formation aux gestes de secours : 60 % des personnes non formées souhaitent apprendre les gestes qui sauvent. De plus, 92 % se déclarent favorables à une généralisation obligatoire de cette formation. Les données scientifiques sont claires : lorsqu’une réanimation cardio-pulmonaire est réalisée immédiatement, les chances de survie peuvent être multipliées par trois à cinq.

La FFC organise régulièrement des formations aux gestes qui sauvent, au niveau national, via ses associations régionales et ses clubs Cœur et Santé. « Ces sessions, d’une durée d’une à deux heures, permettent d’apprendre à réagir efficacement face à un arrêt cardiaque, précise le Pr Alain Furber, chef du service de cardiologie du CHU d’Angers (Maine-et-Loire) et président de la Commission scientifique de la FFC. L’arrêt cardiaque survient dans 7 cas sur 10 en présence d’un témoin, ce qui souligne l’importance de la formation pour tous, y compris les enfants dès l’âge de 10 ans. Les cinq premières minutes sont critiques, car le cerveau commence à souffrir rapidement. Une intervention rapide, combinant massage cardiaque et utilisation du défibrillateur, peut porter le taux de survie jusqu’à 50 %. En France, l’arrivée moyenne des secours est de 14 minutes, ce qui renforce l’importance de connaître et de pratiquer les gestes qui sauvent. »

Pour en savoir plus : Gestes Qui Sauvent : soyons tous de bonnes étoiles

Trouvez l’Association de Cardiologie ou le Club Cœur et Santé le plus proche et profitez d’une initiation gratuite pour apprendre les Gestes Qui Sauvent : ici.

  • Source : Communiqué de presse de la Fédération Française de Cardiologie (09/04/26) « Gestes qui sauvent : une campagne nationale pour Donner à chacun le pouvoir d’agir face À l’arrêt cardiaque »

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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