Si ce n’est la rage, est-ce vraiment l’herpès ?

[18 septembre 2006 - 00h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h28]

Le singe mort à Paris la semaine passée après avoir été abandonné devant une clinique vétérinaire, n’était pas atteint de la rage. Les recherches du coup, s’orientent vers le virus de l’herpès simien. Une éventualité guère plus favorable.

L’hypothèse d’une contamination par le virus rabique était présentée comme un scénario catastrophe. C’était pleinement justifié. « Vaincue » pour la première fois par Louis Pasteur, la rage provoque toujours 150 morts par jour dans le monde. Pas si mal, pour une maladie dépassée…

Mais l’herpès simien est aussi une affection dangereuse. Endémique chez certains singes, cette affection compte relativement peu de cas humains. Mais elle est alors redoutable. Comme le souligne l’Agence française de Sécurité sanitaire des Aliments (AFSSA), ces « quelques dizaines de cas (à la date de publication en 2003, n.d.l.r.) « ont un taux de létalité » (de mortalité, n.d.l.r.) « de 80%« . Il faudra toute une semaine de nouvelles analyses pour savoir si cette nouvelle hypothèse doit être retenue. Ce serait une surprise, car l’herpès simien est typique des macaques d’Asie. Les singes magots d’Afrique du Nord – l’animal en cause appartient à cette dernière espèce – en sont habituellement indemnes.

Quoi qu’il en soit, les pouvoirs publics recommandent à toute personne qui aurait pu être « en contact direct » avec l’animal dans les trois dernières semaines, de se faire connaître. Ces personnes devront être examinées sur le plan clinique, puis éventuellement subir un traitement approprié.

Quoi qu’il en soit, la vraie question est celle de la responsabilité personnelle. Selon toute vraisemblance, l’animal avait été introduit en fraude. Ce n’est pas seulement illégal. C’est aussi potentiellement criminel. Abandonner un tel animal, malade, également. Faute de pouvoir remonter la chaîne d’une éventuelle contamination, il est en effet virtuellement impossible d’endiguer la contagion. « Ne ramenez pas la rage dans vos souvenirs de vacances« , claironnait le ministère de l’agriculture en mai 2005. Ni la rage, ni aucune autre maladie…

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