Les stéréotypes sexués s’imposent au plus jeune âge

[28 septembre 2017 - 15h51] [mis à jour le 28 septembre 2017 à 16h23]

Le sexisme et la discrimination entre les sexes est une réalité encore vive partout dans le monde. Même si de nombreux progrès ont été accomplis dans certains pays. Afin de déterminer comment les enfants s’imprègnent des stéréotypes de genre, un groupe de chercheurs américains a interrogé un grand nombre d’entre eux. Le résultat montre que les clichés – à l’impact néfaste pour les filles, mais aussi pour certains garçons – sont intégrés dès la pré-adolescence.

Les filles et les garçons du monde entier intègrent très tôt dans leur vie les stéréotypes associés à leur sexe. C’est ce qu’ont pu constater des chercheurs de la Johns Hopkins University en interrogeant près de 450 enfants âgés de 10 à 14 ans dans 15 pays différents. Or « les risques pour la santé à l’adolescence sont en partie liés à des comportements découlant de ces clichés sur les genres », souligne Kristin Mmari, coauteur du travail. Et ces stéréotypes se révèlent largement intégrés par les enfants dès l’âge de 10 ans.

Quels sont ces clichés ? Les garçons sont forts et indépendants et les filles, vulnérables. « Et ce message est constamment rappelé par les frères et sœurs, les parents, les copains de classe, les enseignants… », indique Robert Blum de la Johns Hopkins University.

Ces idées préconçues sur le rôle et le caractère en fonction du genre ne sont pas sans conséquence. Notamment pour les filles. Lesquelles assimilent l’idée que des interdits leur sont imposés pour les protéger. Alors que ces derniers ne font que les rendre plus vulnérables. Ainsi, les punitions, même physiques, envers les femmes qui auraient transgressé des règles sont plus facilement acceptées dans certains pays. Ces mêmes stéréotypes exposent les filles au risque d’arrêter l’école, d’être victimes de violences sexuelles et de mariage précoce.

Autre constat, les filles de toutes les villes concernées par l’étude, sauf Edimbourg en Ecosse, ont souligné l’importance de leur aspect physique. Insistant même sur le fait qu’il s’agissait là de leur atout le plus important dans la vie.

Les garçons hors normes pas épargnés

Les garçons aussi peuvent souffrir de ces stéréotypes. Ainsi l’importance placée dans la force physique et l’indépendance les expose à la violence physique. Mais aussi au tabac et autres substances psychotropes. D’ailleurs, si les filles sont davantage victimes de ces clichés sur les genres, les chercheurs ont observé une inégalité nouvelle. « Dans plusieurs pays maintenant, sortir du cadre qui leur est assigné est de mieux en mieux accepté pour les filles mais pas pour les garçons », soulignent les chercheurs. Une fille peut jouer aux petites voitures et porter des pantalons, mais un garçon qui met du vernis à ongles est encore inacceptable…

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