Suicides en France : de profondes inégalités sociales et de genre

29 janvier 2026

Une nouvelle étude publiée le 29 janvier par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) met en lumière les profondes disparités des suicides en France.

Une analyse de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui croise causes médicales de décès, niveau de vie et caractéristiques sociales, révèle un phénomène marqué par d’importantes inégalités de genre et socioéconomiques.

Une surreprésentation masculine massive

Premier constat : les trois quarts des suicides en France concernent des hommes. Ils représentent 2,1 % de l’ensemble des décès masculins, contre 0,7 % des décès féminins.

Si elle n’est pas évoquée dans le travail de la Drees, de nombreux travaux ont montré que cette surmortalité masculine pourrait s’expliquer notamment par des facteurs sociaux et comportementaux. Les hommes utilisent généralement des méthodes plus létales pour intenter à leur vie et sont moins enclins à chercher de l’aide en cas de détresse psychologique.

L’étude révèle également une forte corrélation entre niveau de vie et risque suicidaire. Entre 2011 et 2021, le taux de suicide observé chez les 10 % les plus modestes de la population était environ deux fois plus élevé que chez les 10 % les plus aisés.

Des facteurs professionnels significatifs

La catégorie socioprofessionnelle joue également un rôle déterminant dans le risque suicidaire, avec toutefois des différences notables selon le genre :

  • chez les hommes de plus de 25 ans, les agriculteurs présentent un surrisque de suicide de 40 % par rapport aux cadres, suivis des employés (+30 %) et des ouvriers (+29 %).
  • chez les femmes, peu de différences significatives sont observées selon la catégorie professionnelle, hormis un risque légèrement plus élevé chez les cadres âgées de plus de 65 ans.

L’isolement et les troubles psychiatriques, facteurs de risque majeurs

Le veuvage apparaît comme un facteur de risque déterminant, multipliant par 2 le risque de suicide chez les femmes et par 9 chez les hommes. Plus généralement, les personnes veuves, célibataires ou divorcées présentent des taux de suicide plus élevés que celles en couple. A l’inverse, la présence d’enfants et la vie en ménage réduisent le risque.

Mais le principal facteur de risque demeure la présence d’un trouble psychiatrique. Les taux de suicide observés chez les personnes concernées sont jusqu’à trente fois supérieurs à ceux de l’ensemble de la population, notamment pour les troubles addictifs, la bipolarité et les troubles anxieux et dépressifs. Sur la période 2015-2020, la moitié des suicides concernent des personnes identifiées avec un trouble psychiatrique probable.

Que faire face à un risque suicidaire ?

Face à ces constats alarmants, il est essentiel de rappeler l’existence de dispositifs d’aide. Si vous êtes en détresse ou si vous souhaitez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114, accessible gratuitement 24h/24 et 7j/7.

  • Source : Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees)

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Dorothée Duchemin

Destination Santé
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