Dans le plus fréquent des troubles de la fertilité féminine – le syndrome des ovaires polykystiques (SPOK) – tout ne se jouerait pas au niveau des ovaires. Une équipe lilloise met en évidence des réactions en chaîne, au cœur du… cerveau !

Le SPOK se traduit par une forte surproduction d’hormones mâles, par les ovaires. Celle-ci perturbe la production d’ovules à tel point que certains se transforment en kystes. Par quels mécanismes ? Jusqu’alors centrés sur les ovaires, le Pr Pablo Giacobini et ses collaborateurs de l’unité 112 de l’INSERM de Lille ont mis en évidence un mécanisme cérébral inédit.

D’une manière générale, les patientes présentent des taux élevés d’hormones qui agissent au niveau de l’ovulation: l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone anti-Müllerienne (AMH). Au cours de ce travail réalisé sur la souris, les auteurs montrent le rôle central de l’AMH dont la forte concentration entraînerait une réaction en chaîne inattendue : avec une hausse de la sécrétion de gonadotrophines (GnRH) – une protéine produite au niveau de l’hypothalamus – laquelle entraînerait une élévation de la production de LH. Et donc, au final, une augmentation du taux ovarien d’androgènes à l’origine de la maladie. Pour les auteurs, cette découverte ouvre de « nouvelles voies thérapeutiques » contre ce syndrome qui frapperait une femme sur dix en âge de procréer.

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