Tabac: les cigarettiers, acteurs du marché noir?

01 juillet 2014

Le marché parallèle du tabac représenterait un quart des ventes de cigarettes dans le monde ! C’est une étude commandée par un fabricant de tabac qui le révèle. Pourtant, d’après le Comité national contre le tabagisme (CNCT), ces chiffres sont « délibérément grossis ». Objectif, empêcher toute mesure de santé publique. Les cigarettiers arguant que toute action anti-tabac favoriserait la contrebande.

Publiée le 24 juin, une étude menée par KPMG pour le compte de Philip Morris International estime le poids du marché noir des produits du tabac à 25,2% des ventes. « Or les études commandées par les cigarettiers ont une méthodologie et une rigueur pour le moins sujettes à controverse », souligne le CNCT. Les pourcentages « délibérément grossis » résultant de ces enquêtes constituent « des plaidoyers pour les fabricants de tabac visant à contrer toute volonté d’action de santé publique anti-tabac ».

Mais surtout, « les fabricants de tabac dénoncent avec force l’existence de ces marchés parallèles, alors même qu’ils sont pour une prt responsables de cette situation », poursuit le CNCT. En effet, « les cigarettiers ont été, et sont complices, de cette contrebande ». C’est ainsi que « les documents internes des fabricants de tabac, rendus publics par décision de justice, ont révélé que ceux-ci organisent les réseaux de contrebande dans différents pays et régions du monde en la considérant comme partie intégrante de leurs activités afin d’accroître leurs profits. »

Enfin, « des cigarettiers ont créé des cigarettes spécialement destinées au marché illégal », rapporte le CNCT. Celles-ci sont qualifiées de « cheap whites » (blanches bon marché) ou « illicit whites » (blanches illicites). Leur présence sur le marché noir complexifie encore le phénomène et rend d’autant plus difficile la lutte contre ces réseaux mafieux.

Comment lutter contre ce système ?

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souhaite mettre en place la traçabilité des produits du tabac. Dans ce but, elle exige que ce système de surveillance soit totalement indépendant des fabricants de tabac. Afin de soutenir ce processus, le CNCT demande à la France de :

  • « ratifier le Protocole de l’OMS visant à éliminer le commerce illicite du tabac, signé par l’Union européenne le 20 décembre 2013 ;
  • modifier le Code Général des Impôts, qui confie aujourd’hui la traçabilité des produits du tabac aux cigarettiers. »
  • Source : CNCT, 27 juin 2014

  • Ecrit par : Dominique Salomon - Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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