Tabac : le scandale du filtergate

[09 février 2018 - 12h24] [mis à jour le 09 février 2018 à 12h26]

Les fabricants de tabac auraient manipulé leurs produits afin de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, au monoxyde de carbone et à la nicotine. Le Comité nationale de lutte contre le tabagisme (CNCT) vient de déposer plainte contre quatre industriels.

Le scandale du filtergate fait froid dans le dos. Selon le CNCT, la teneur réelle inhalée par les fumeurs serait entre 2 et 10 fois supérieure pour les goudrons et 5 fois supérieure pour la nicotine. « Ainsi, [ceux] qui pensent fumer un paquet par jour en fument, en fait l’équivalent de deux à dix », indique le CNT.

Tous les fabricants de tabac sont concernés. Aussi le CNCT dépose plainte pour mise en danger d’autrui. Des procédures similaires ont été lancées ou sont en cours dans d’autres pays.

« Le filtergate représente la manipulation des filtres par les fabricants de tabac via la perforation de ces filtres et l’existence de minuscules trous destinés à falsifier les tests des caractéristiques des cigarettes. » Autrement dit, les fabricants ont modifié secrètement les propriétés techniques des cigarettes. Objectif, tromper les laboratoires agréés en charge de mener les tests permettant de mesurer les taux de goudrons, de nicotine et de monoxyde de carbone contenus dans les émissions.

Des conséquences sanitaires majeures…

Or la mise en place de ce dispositif de micro-orifices dans le filtre des cigarettes empêche les autorités de savoir si les seuils de goudrons, de nicotine, et de monoxyde de carbone sont dépassés. Un tel système de ventilation invisible trompe les fumeurs. Ils ignorent l’ampleur réelle du risque en croyant, à tort, qu’ils inhalent une certaine quantité de produits dangereux alors que les doses sont supérieures à celles indiquées.

« Les quatre majors du tabac représentés en France sont concernés. La cigarette du buraliste lancée il y a peu ne fait pas exception », explique le CNCT. « Le filtergate constitue assurément un nouveau scandale aux conséquences sanitaires majeures qui légitime que l’on encadre et surveille bien davantage les pratiques des fabricants de tabac » a déclaré le Pr Yves Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme.

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