Tatouage : pourquoi et comment l’enlever ?

[27 juin 2017 - 16h19] [mis à jour le 27 juin 2017 à 16h41]

A la frontière entre l’intime et le symbolique, le tatouage n’a rien d’anodin. Au point de pouvoir le regretter ? Ainsi des personnes décidant de « marquer leur peau à vie » décident parfois de consulter un dermatologue pour désincruster l’encre noire ou colorée de leur épiderme.

Il est original, créatif et personnel, mais le tatouage n’a rien d’un bijou. Cette encre injectée dans la peau a souvent un but esthétique mais aussi symbolique d’une période de la vie. Un attrait pour un art en particulier, des sentiments pour une personne, un souvenir à conserver. Ou encore un besoin de se rebeller, de sortir du commun, de laisser une trace indélébile sur son corps… comme le rappelle l’Académie nationale de médecine, « la décoration du corps humain fait partie de notre humanité. L’homme depuis des millénaires a cherché à modifier ou décorer sa peau en vue de modifier ses rapports à la nature (le camouflage), affirmer sa force, son statut social ou son appartenance à un groupe. Plus récemment dans l’évolution, il a aussi décoré son corps pour séduire ou exprimer sa personnalité ».

Des paramètres si évolutifs au cours d’une vie que le sens donné lors de la réalisation du tatouage peut changer au fil des mois et des années. Surtout quand ce geste est réalisé sur un coup de tête et que la personne réalise qu’elle n’est pas capable de supporter son tatouage. Ainsi nombreux sont les tatoués qui décident de faire marche arrière et contactent un dermatologue pour commencer les séances de détatouage.

De la patience !

Grâce au laser, les motifs s’estompent puis s’effacent. Mais l’efficacité dépend du type de tatouage. Cette technique est plus facile à pratiquer « sur les encres noires et bleues (…) sur les dessins superficiels », témoigne le Dr Isabelle Catoni, dermatologue à Neuilly-sur-Seine. Si « ce dernier est noir, monochrome, mais très profond ou trop dense, nous préférons refuser le traitement car il nécessite un trop grand nombre de séances, au résultat incertain ». Pour les tatouages polychromes, « certaines couleurs ne s’effacent pas, comme le turquoise ou l’orangé par exemple. Les tatouages rituels du Maghreb s’effacent en général en une à trois séances. En revanche, ceux d’Afrique Noire ne peuvent être traités qu’avec un laser spécifique et nécessitent cinq séances ou plus ».

« En cas de survenue d’une hyperpigmentation post- inflammatoire, nous proposons une longue pause[…]. Nous prescrivons parfois une préparation dépigmentante à base d’hydroquinone. » Après ce suivi, le contact du laser provoque des brûlures et des cloques gênantes au quotidien à cause des contacts avec les vêtements, les draps, l’eau de la douche. Mais ces dernières sont amenées à disparaître progressivement et la peau entre dans une phase de dessèchement.

Enfin, « nous rencontrons actuellement une recrudescence d’infections à mycobactéries atypiques survenant lors du tatouage, des allergies aux encres (en particulier rouges) qui peuvent prendre l’aspect d’un simple eczéma ou de granulomes* devant faire rechercher une sarcoïdose », explique le Dr Isabelle Catoni.

*tumeur inflammatoire bénigne

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