Tchernobyl : 40 ans après, que sait-on des conséquences sur la santé ?

27 avril 2026

Le 26 avril 1986, l’explosion d’un réacteur nucléaire de la centrale de Tchernobyl en Ukraine, provoquait la pire catastrophe nucléaire de l’Histoire. 40 ans après, que sait-on des effets à courts et à longs termes de cet accident ? Et quelles ont été les conséquences sanitaires en France ?

Dans la nuit du 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose, libérant dans l’atmosphère une grande quantité de produits radioactifs.

Dans les heures qui ont suivi, 600 pompiers et employés de la centrale se sont retrouvés en première ligne, exposés à des doses massives de rayonnement. Deux d’entre eux sont morts immédiatement et 28 sont décédés des suites de leur irradiation dans les quatre mois qui ont suivi l’accident. Et 134 personnes ont développé un syndrome aigu d’irradiation, une atteinte grave de l’organisme provoquée par une exposition intense aux rayonnements (diarrhées, vomissement, syndrome hématopoïétique, lésions cutanées radiologiques…). Au total, 47 décès sont survenus, 28 pendant l’année qui a suivi l’accident, 19 entre 1987 et 2006.

Après l’explosion, environ 530 000 personnes civiles et militaires, appelées « liquidateurs », ont participé à l’intervention d’urgence, au confinement et au nettoyage sur le site de Tchernobyl et dans les zones contaminées. Environ 240 000 d’entre elles étaient présentes en 1986 et 1987, au moment où les doses étaient les plus élevées sur le site du réacteur et dans une zone environnante de 30 km.

Le cancer de la thyroïde : l’effet le plus clairement établi

Parmi toutes les conséquences sanitaires étudiées à la suite de l’accident, une seule fait l’objet d’un consensus scientifique. A savoir, l’augmentation des cancers de la thyroïde chez les personnes exposées à l’iode 131 dans l’enfance ou l’adolescence.

Dès le début des années 1990, les médecins de Biélorussie et d’Ukraine ont consté une explosion des cas. Entre 1991 et 2015, 20 000 cas de cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués chez des personnes qui avaient moins de 18 ans au moment de l’accident. Soit presque 3 fois plus que sur la période 1991-2005.

Et « environ 5 000 de ces cas sont probablement attribuables au fait que des enfants ont bu du lait de vache frais contenant de l’iode radioactif. Ces vaches avaient mangé de l’herbe contaminée dans les quelques semaines suivant l’accident », rapporte la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Rappelons que la thyroïde, c’est cette petite glande du cou qui assure le bon fonctionnement de plusieurs organes. Elle absorbe notamment l’iode, y compris l’iode radioactif. Les enfants, dont la thyroïde est en pleine croissance, sont particulièrement vulnérables.

Les chercheurs ont également observé une augmentation du risque de leucémie et de myélome multiple chez certains liquidateurs.

Des effets plus incertains

Du côté cardiovasculaire, une étude menée sur des liquidateurs ukrainiens intervenus sur la période 1986-1987 a révélé une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires liées au niveau d’exposition. Tout comme un risque accru de cataracte. Mais ces résultats restent à interpréter avec prudence en raison de problèmes méthodologiques.

Enfin, une augmentation des taux de pathologies neurologiques a également été observée dans un délai de 7 à 21 ans après l’exposition aux rayonnements ionisants dans une cohorte d’environ 40 000 personnes évacuées de la zone de Tchernobyl.

Et en France, un effet Tchernobyl ?

Contrairement à une rumeur tenace à l’époque selon laquelle le nuage de Tchernobyl se serait arrêté à la frontière, celui-ci est bien passé par la France, notamment l’Est et la Corse.

Comme le précise Santé publique France, les cas de cancers de la thyroïde ont effectivement augmenté ces dernières décennies. Mais en réalité, cette hausse a débuté dès 1975, et s’observe dans toutes les régions du monde. Y compris celles épargnées par le nuage. Elle s’explique en grande partie par l’amélioration des capacités de dépistage. Aucune donnée scientifique ne permet en outre d’établir un lien avec Tchernobyl en France.

  • Source : https://www.cnsc-ccsn.gc.ca/fra/resources/health/health-effects-chornobyl-accident/ - https://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/crise/etat-connaissances-sur-consequences-sanitaires-accidents-nucleaires - https://www.santepubliquefrance.fr/docs/rapportsynthese/evaluation-des-consequences-sanitaires-de-laccident-de-tchernobyl-en-france-dispositif-de

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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