Test VIH à domicile : pratique et anonyme

[17 juillet 2017 - 17h41] [mis à jour le 21 juillet 2017 à 10h11]

Faire un test à domicile pour savoir si l’on est séropositif au VIH. C’est possible en France depuis septembre 2015. Il suffit d’acheter un des deux autotests diagnostiques disponibles en pharmacie. A la veille de la conférence scientifique sur le VIH de l’IAS à Paris (23 au 26 juillet), un petit point sur l’utilisation de ces dispositifs de dépistage s’impose.

Parmi les 2 autotests diagnostiques disponibles en France, le laboratoire AAZ annonce 7 000 dispositifs vendus chaque mois en moyenne dans notre pays. Selon une enquête* menée par ce même fabricant, « plus d’1 primo-testeur sur 2 ne serait pas allé en centre de dépistage » s’il n’avait pas eu accès au test à domicile. D’ailleurs « 40% déclarent qu’il s’agit d’un premier dépistage du VIH ». La mise à disposition depuis 2 ans de ces dispositifs semble favoriser la démarche individuelle. Un constat partagé par Tim Greacen, directeur du laboratoire de recherche de l’Établissement public de santé Maison Blanche à Paris et spécialiste du VIH/SIDA. « Ce premier autotest facilite le dépistage et c’est déjà bien », se réjouit-il.

Théorie vs pratique

Cela concerne notamment les « personnes qui mènent une vie sexuelle cachée », souligne Tim Greacen. Soit parce qu’ils sont infidèles, soit parce qu’ils cachent leur orientation sexuelle… Heureusement, « on observe que chez les hommes ayant des rapports avec des hommes la situation s’est améliorée en France. Ayant plus de droits, il y a moins de discrimination, en principe », poursuit-il. Mais ce n’est pas le cas pour tous et les discriminations perdurent.

En théorie, « aucune ordonnance médicale n’est plus nécessaire pour réaliser un test diagnostic du VIH dans n’importe quel laboratoire d’analyses biologiques », rappelle Tim Greacen. Mais dans les faits, certains réclament encore une prescription médicale pour s’exécuter. Le test à domicile répond donc plus facilement à la demande d’anonymat et de praticité. Surtout lorsqu’il est commandé dans une pharmacie sur internet. Car le même problème a été constaté pour les officines. Il nous a fallu trois pharmacies nantaises pour trouver une officine disposant de tests à la vente et proposant des conseils d’utilisation.

Mot clé : prévention

Reste que « ce test est ridiculement cher », s’insurge Tim Greacen. Il coûte en effet entre 25 et 30 euros. « C’est donc exclu pour les pauvres, parmi lesquels beaucoup de jeunes. » En comparaison, un test de grossesse coûte entre 5 et 6 euros. « Les jeunes femmes ont donc le droit de savoir si elles sont enceintes mais pas si elles ont le VIH ? », interroge-t-il.

Autre précision, « les personnes qui réalisent le test de dépistage sont celles qui font attention à leur santé », souligne-t-il. « Celles qui souffrent de dépression par exemple ont souvent d’autres priorités. » Par conséquent, « il est essentiel d’améliorer la prise en charge de la santé en général pour améliorer la prévention du VIH en particulier ». La prévention est donc à la base de tout combat contre l’épidémie du VIH/SIDA. Et à ce titre, Tim Greacen se dit « déçu de la place allouée au dépistage et à la prévention au programme de la conférence IAS 2017 ».

*Etude conduite par la pharmacie en ligne IllicoPharma de septembre 2015 à septembre 2016 – 1584 utilisateurs

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