Les tests de grossesse seront bientôt disponibles en libre-service dans les supermarchés. Cette disposition de la loi dite ‘consommation’ n’est pas du goût de l’Académie nationale de pharmacie. Ses membres préconisent le retour aux dispositions antérieures et le maintien de la vente exclusive des autotests de grossesse dans le circuit officinal.  

L’Académie nationale de pharmacie considère que « cette loi repose sur des arguments non seulement fallacieux mais dangereux pour la santé publique, plus particulièrement pour les femmes très jeunes ou en situation de précarité ». Selon elle, les promoteurs du texte estiment en effet que « cette disposition permettrait d’élargir et de faciliter l’accès des femmes à ces tests et ainsi de détecter plus tôt leur grossesse, au moindre coût et dans l’anonymat ».

Le conseil du pharmacien est précieux

Or pour les académiciens, la vente en supermarché implique l’absence de conseil. « La perte d’un interlocuteur, professionnel de santé et de terrain, marque un recul important en matière de santé publique ». En effet l’information sur la notice et l’emballage des autotests ne peut suffire pour garantir la sécurité de ces tests.

Le principal risque repose sur les tests dits faussement négatifs. Dans ce cas, la femme peut découvrir sa grossesse tardivement, « avec en conséquence un recours à l’avortement, beaucoup plus lourd psychologiquement. De plus pour toutes les femmes, cet achat se fait dans une période d’incertitude qui appelle un conseil et une réponse aux questions et aux angoisses en cas de test positif. » Pour l’Académie, les tests de grossesse sont parmi les dispositifs médicaux de diagnostic en libre accès, « ceux pour lesquels le conseil du pharmacien est le plus précieux ».

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