Toujours plus d’agressions contre les médecins

[04 avril 2019 - 11h44] [mis à jour le 04 avril 2019 à 16h05]

Plus de 1 100 cas d’incidents et d’agressions contre des médecins ont été rapportés en 2018. Et les chiffres ne cessent d’augmenter d’année en année. C’est le triste constat dressé par l’Ordre national des médecins qui appelle les autorités à se saisir rapidement de cette problématique.

Alors que la barre symbolique des 1 000 incidents rapportés avait été franchie en 2017, l’année 2018 est marquée par une nouvelle augmentation : 1 126 déclarations d’incidents, soit une hausse de près de 9%.

Dans 7 cas sur 10, l’incident concerne des médecins généralistes (61% en 2017), alors qu’ils représentent 44% de la population médicale globale. Autres spécialités particulièrement touchées, les ophtalmologues, les dermatologues, les gynécologues-obstétriciens, les psychiatres et les médecins du travail. Quant à l’agresseur, il s’agit du patient dans 54% des cas.

Quel type d’incident ? « Les agressions verbales ou menaces représentent 66% des incidents, et le vandalisme 8% », note l’Ordre des médecins. « Si les agressions physiques restent stables à 7%, on note une augmentation dans l’utilisation d’armes : un couteau/cutter dans 10 cas, mais aussi un fusil à deux reprises ou encore une arme automatique dans un cas. »

Les raisons pour expliquer de telles extrémités sont multiples : reproche relatif à une prise en charge, vol, refus de prescription, temps d’attente jugé excessif…

Une situation sous estimée… Plus dramatique encore, ces incidents ne semblent être que la partie visible de l’iceberg. En effet, « près d’un quart (23%) des médecins victimes d’agressions physiques n’ont déposé ni plainte ni main courante, une proportion qui monte à 34% chez les médecins victimes de vandalisme, et à 69% chez les médecins victimes d’agressions verbales ».

Quelles solutions ? L’Ordre monte au créneau pour soutenir ses médecins. Mesure parmi d’autres, la mise en place d’un numéro unique d’écoute et d’assistance : 0800 288 038. Il appelle surtout «  les pouvoirs publics à se saisir pleinement de cet enjeu majeur, et qu’intervienne une véritable prise de conscience politique pour apporter des réponses concrètes aux médecins, dans la durée ».

A noter: L’Ile-de-France (171 déclarations), les Hauts-de-France (162) et l’Occitanie (151) sont les trois régions les plus touchées.

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