Tramadol, codéine, morphine… nette hausse de la consommation en 10 ans

[21 février 2019 - 15h29] [mis à jour le 21 février 2019 à 15h37]

L’usage des antalgiques opioïdes n’a cessé d’augmenter ces 10 dernières années. Disponibles uniquement sur ordonnance, ces molécules indiquées dans la prise en charge de la douleur ne sont pas sans risque. Surtout en cas de mésusage.

L’usage d’antalgiques opioïdes prend de l’ampleur dans l’Hexagone depuis 10 ans. Le fruit d’une « politique d’amélioration de la prise en charge de la douleur ».

De quelles molécules parle-t-on ? Sur la liste, on trouve le tramadol. Viennent ensuite la codéine, la poudre d’opium associée au paracétamol. Puis la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone et le fentanyl*.

En chiffre. « Près de 10 millions de Français ont eu une prescription d’antalgique opioïde en 2015 », rapporte l’Agence nationale de Sécurité du médicament (ANSM). Entre 2006 et 2017, la consommation d’antalgiques opioïdes forts en France a fait un bond de 150%**. Parmi eux, l’oxycodone est la molécule dont l’usage a le plus augmenté. Mais le tramadol reste l’antalgique opioïde le plus consommé en 2017 : sa consommation a augmenté de plus de 68%, entre 2006 et 2017.

Le problème. Le bilan français reste bien moins sombre que celui des Etats-Unis et du Canada. Et les antalgiques non opioïdes (aspirine, paracétamol, AINS***) demeurent les plus employés. Mais ce 20 février, l’ANSM relève « une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes » sur ces 10 dernières années. Et ce qu’il s’agisse d’antalgiques opioïdes faibles ou forts.

La prise d’antalgiques opioïdes « peut s’accompagner de complications graves » et favorise le « risque de dépendance primaire au traitement ». Entre 2006 et 2017, « le taux d’hospitalisations liées à la consommation d’antalgiques opioïdes obtenus sur prescription médicale a augmenté de 167% (…) passant de 15 à 40 hospitalisations pour un million d’habitants ». Le bond atteint +146% concernant le nombre de décès liés à la consommation de ces molécules, « entre 2000 et 2015, avec au moins 4 décès par semaine ».

Les solutions en place. Régulièrement, l’ANSM procède à des contrôles « des conditions de prescription et de délivrance, d’interdiction de publicité auprès du grand public, d’informations à destination des professionnels de santé ».

*le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide
**patients ayant eu au moins une prescription dans l’année
***anti-inflammatoire non stéroïdien

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