Travail et produits chimiques : encore 2 millions de salariés exposés

[24 septembre 2013 - 16h11] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

En France, près de 2,2 millions de salariés sont régulièrement exposés à des produits cancérogènes sur leur lieu de travail. Il s’agit le plus souvent d’hommes, qui exercent dans des activités de maintenance ou dans le secteur de la construction.

Le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social vient de publier les derniers résultats de l’enquête Sumer centrée sur les expositions professionnelles des salariés. Résultats, en 2010, près de 2,2 millions de Français ont déclaré avoir été exposés à au moins un produit chimique « au cours de la dernière semaine travaillée ».

Sans surprise, ces expositions visent en premier lieu les ouvriers. Ces derniers représentent plus des deux tiers des salariés concernés alors qu’ils ne constituent « que » 29% de l’ensemble de cette population. Ils travaillent le plus souvent dans le secteur de la maintenance où ils sont le plus fréquemment exposés à des huiles minérales entières. Mais aussi à des gaz d’échappements diesel et à des solvants comme les hydrocarbures aromatiques halogénés.

Maintenance et BTP

Outre la maintenance, le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) est aussi particulièrement concerné. Les expositions les plus fréquentes concernent la silice cristalline  – utilisées dans les bétons, mortiers, ciments… – les poussières de bois, les gaz d’échappement et les goudrons de houille.

Entre 2003 et 2010, la proportion de salariés ainsi exposés a diminué de 3 points passant de 13% à 10%. Cette baisse s’explique par « des changements de procédés de production ou par la substitution des produits cancérogènes par des substances moins dangereuses » explique le ministère du Travail. Lequel donne l’exemple du trichloréthylène. Au cours des 13 dernières années, le nombre de salariés exposés a été divisé par 3, grâce à l’utilisation de produits de substitution.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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