Trouble dysphorique prémenstruel : comment le reconnaître ?

21 avril 2026

En schématisant, le trouble dysphorique prémenstruel - TDPM - est une forme sévère du syndrome prémenstruel. A l’origine de symptômes psychiques et affectifs, le retentissement du TDPM peut être très invalidant pour la vie quotidienne des femmes touchées.

Selon l’Inserm, 20 à 40 % des femmes en âge de procréer seraient concernées par le syndrome prémenstruel (SPM). Irritabilité, fatigue, problèmes digestifs, ballonnements, douleurs à la tête, au ventre, aux seins, problèmes dermatologiques, fringales… sont autant de symptômes de ce syndrome qui revient à chaque cycle menstruel. Il peut être plus sévère, on parle alors de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Selon le Dr Olivier Marpeau, gynécologue et vulgarisateur sur les réseaux sociaux sous le nom de Mon.Gyneco, qui a consacré une vidéo au SPM et au TDPM, « le trouble dysphorique prémenstruel, c’est le SPM en mode extrême ». Il toucherait 3 à 8 % des femmes.

Un trouble reconnu dans le DSM-5 et le CIM-11

Ce trouble est inscrit dans le DSM-5, le manuel de référence édité par l’Association américaine de psychiatrie. Depuis 2019, il apparaît aussi dans le CIM-11, la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la Santé. Il s’agit d’une hypersensibilité cérébrale aux fluctuations hormonales normales tout au long du cycle, avec des facteurs génétiques, neurobiologiques (sensibilité accrue à la sérotonine, notamment) et environnementaux, entre autres.

« Le TDPM est une forme de SPM accrue. Les symptômes sont plus graves, notamment au niveau de la santé mentale, une des différences notoires entre les deux. Alors que le SPM apparaît en général cinq jours avant le début des règles, le TDPM survient autour de l’ovulation, donc dans les 10 jours précédant les menstruations », explique  la Dre Susanna Unsworth, spécialisée dans la santé des femmes (pour la marque d’hygiène intime Intimina).

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes principaux, outre ceux déjà présents dans le syndrome prémenstruel, sont :

  • une anxiété ;
  • une humeur dépressive ;
  • une labilité émotionnelle (ex : brusque sentiment de tristesse, envie de pleurer, hypersensibilité au rejet) ;
  • une irritabilité, une colère ;
  • une diminution de l’intérêt pour les activités habituelles ;
  • des troubles de la concentration ;
  • une grande fatigue ;
  • des troubles du sommeil ;
  • une modification de l’appétit ;
  • des symptômes physiques (les mêmes que ceux observés dans le SPM) ;
  • le sentiment d’être débordée.

Evaluer ses symptômes en tenant un journal

Le Dr Olivier Marpeau recommande un suivi de son cycle pour évaluer la gravité du trouble. « Tenir un journal précis des symptômes peut vous aider à distinguer le SPM du trouble dysphorique », explique-t-il. « Je recommande généralement aux patientes de surveiller leurs symptômes pendant un minimum de deux cycles afin de déterminer un modèle cyclique », précise de son côté Suzanna Unsworth.

Le TSPM « peut être diagnostiqué si au moins 5 des 11 symptômes sont apparus de la dernière semaine de la phase lutéale aux premiers jours de la phase folliculaire, et s’ils ont interféré significativement avec la vie professionnelle et/ou scolaire, personnelle et sociale, au point parfois de voir apparaître des conduites d’évitement », explique l’association TDPM France. Peu connu en France, il est parfois difficile de trouver un professionnel de santé, gynécologue ou psychiatre, sensibilisé au trouble dysphorique menstruel.

Quelle prise en charge ?

« La prise en charge nécessite l’intervention d’un professionnel de santé et pourquoi pas un psychiatre ? Parfois, des médicaments comme des antidépresseurs ou une contraception hormonale sont prescrits pour aider à réguler les fluctuations hormonales », souligne le Dr Olivier Marpeau. Agir sur le mode de vie peut aussi soulager les symptômes : pratiquer une activité physique régulière, favoriser (ou se supplémenter) en magnésium, calcium, vitamine B6, prendre soin de son sommeil, limiter la caféine, l’alcool et le sucre, pratiquer la relaxation… Un suivi psychologique voire psychiatrique peut être nécessaire.

Dans les formes résistantes et particulièrement invalidantes, une intervention chirurgicale peut être envisagée. « Elle consiste en l’ablation des ovaires afin de bloquer le cycle hormonal. L’ablation de l’utérus est la plupart du temps inefficace. Je conseille toujours de tenter une thérapie de remplacement hormonale associée aux agonistes de la GnRH avant de passer à la chirurgie. Cela permet de vérifier la tolérance à la ménopause induite et au traitement hormonal substitutif », détaille Suzanna Unsworth.

  • Source : Inserm, Intimina, Mon.Gyneco, Association TDPM France

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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