Un chewing-gum pour prévenir le cancer de la bouche ?

24 avril 2026

Des chercheurs de l'université de Pennsylvanie ont mis au point un chewing-gum un peu particulier : fabriqué à partir de haricots génétiquement modifiés, il serait capable de réduire drastiquement la présence de micro-organismes impliqués dans les cancers de la tête et du cou.

Comme le rappelle Henry Daniell, de la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Pennsylvanie, « le carcinome épidermoïde de la tête et du cou est un cancer fréquent qui se développe dans la muqueuse de la bouche et de la gorge. Il peut être agressif et son pronostic est souvent sombre, surtout lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé.  En 2022, le cancer des lèvres et de la cavité buccale était le septième cancer le plus fréquent et le plus mortel au monde chez les adolescents, les jeunes adultes et les adultes d’âge moyen ».

Un haricot à la rescousse

Les scientifiques se sont intéressés à trois micro-organismes connus pour aggraver le pronostic de ce cancer : le papillomavirus humain (HPV), responsable d’une augmentation mondiale des cancers de l’oropharynx, et deux bactéries — Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum — qui accélèrent la progression de la maladie même après chirurgie.

L’équipe du Pr Henry Daniell a eu l’idée de partir d’un chewing-gum fabriqué à base de haricots lablab, une légumineuse déjà connue pour contenir une protéine naturellement antivirale, la FRIL.

Les tests ont montré que les extraits de ce « chewing-gum au haricot » réduisent le taux de HPV de 93 % dans la salive. Mais les chercheurs ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ensuite modifié génétiquement ce chewing-gum pour y ajouter une molécule antibactérienne appelée protégrine. Résultat : une seule dose suffit à faire chuter les niveaux des deux bactéries dangereuses à presque zéro, sans affecter les bactéries bénéfiques naturellement présentes dans la bouche. Ceci contraste avec la radiothérapie, qui réduit les bactéries bénéfiques et augmente la prolifération de levures pathogènes ( Candida albicans ).

« Nos résultats confirment l’intérêt de poursuivre les essais cliniques de ces thérapies, soit en complément des traitements actuels, soit à titre prophylactique pour prévenir l’infection et la transmission », concluent les auteurs.

  • Source : https://www.nature.com/articles/s41598-026-39062-w

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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