Un souvenir peut-il être altéré contre notre volonté ?

[17 octobre 2018 - 10h30] [mis à jour le 17 octobre 2018 à 10h33]

S’obliger consciemment à enfouir un souvenir désagréable au plus profond de sa mémoire ? Les neurosciences ont démontré que c’était possible. Mais qu’en est-il d’une altération inconsciente ? En d’autres termes, d’autres que nous pourraient-ils modifier nos souvenirs, contre notre volonté ? La réponse, si elle ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension des phénomènes psychiques inconscients, fait aussi froid dans le dos.

Des chercheurs du Centre de Psychiatrie et de Neurosciences de l’Inserm, du Centre Hospitalier Sainte Anne et de l’Université Paris Descartes ont souhaité vérifier s’il était possible d’altérer inconsciemment des souvenirs. Sachant que la possibilité d’une modification consciente de ceux-ci a été récemment démontrée.

Afin d’en avoir le cœur net, ils ont recruté des volontaires. Ces derniers ont dû « apprendre des paires de mots associés (par exemple, bougie-champagne, balade-colline…) », expliquent les auteurs. Ils ont ensuite « été entraînés, lorsque le premier mot leur était présenté, soit à penser au second mot de la paire, soit à s’empêcher d’y penser, en fonction d’un signal visuel ».

Des ordres subliminaux

Petite précision, « les signaux visuels donnant la consigne de penser ou de s’efforcer de ne pas penser au second mot de la paire étaient parfois présentés de façon subliminale, c’est-à-dire trop brièvement pour accéder à la conscience », soulignent-ils.

Résultat, « bien que ces signaux n’aient pas été consciemment perçus, les chercheurs ont mis en évidence une altération de la capacité à se remémorer le second mot ». Le cerveau a donc obéi à un ordre extérieur, sans en prendre conscience.

S’il ne s’agit que du souvenir d’un mot, cette expérience intrigue autant qu’elle peut effrayer. Toutefois, selon les scientifiques « ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension des phénomènes psychiques inconscients ».

Partager cet article