Viagra : bientôt j’aurai 10 ans !

04 décembre 2007

La célèbre petite pastille bleue va bientôt fêter ses dix ans ! Commercialisé en France en 1998, le citrate de sildenafil (Viagra) fut découvert par les laboratoires Pfizer et breveté en 1996. C’était à l’époque, le tout premier traitement de la dysfonction érectile.

A l’origine pourtant, le citrate de sildenafil avait été développé pour traiter… l’angine de poitrine. Or au cours des études cliniques de phase I, les chercheurs ont remarqué que l’effet prévu n’était pas là. Ils ont en revanche constaté un « effet secondaire » inattendu, la molécule provoquant des érections. C’est ainsi que le Viagra a vu le jour.

Un gigantesque marché venait de s’ouvrir. En France, un homme sur trois passé 40 ans, souffre de dysfonction érectile. Ainsi chaque année, plus de 250 000 Français prennent-ils du Viagra. Ce dernier détient d’ailleurs le triste privilège d’être le médicament le plus contrefait au monde.

Le nouveau traitement a suscité d’immenses espoirs. De redevenir des hommes qui « assurent » et de voir revenir le bien-être et le sentiment de se sentir bien dans sa peau, bien dans sa vie. D’ailleurs la concurrence s’est rapidement organisée. En 2003, Cialis (tadalafil) et Levitra (vardenafil) obtenaient leur autorisation de mise sur le marché. Et Viagra s’il fut un précurseur, n’est plus leader sur son marché. Il est aujourd’hui devancé, en France comme dans le monde.

Utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire aigüe – notamment chez le nourrisson – le Viagra pourrait également selon des chercheurs britanniques, s’avérer utile contre la maladie de Crohn. En fait, le citrate de sildenafil est ce que les pharmacologues appellent un « donneur d’azote ». En apportant à l’organisme du monoxyde d’azote – un polluant par ailleurs très toxique – ce médicament et les autres de sa classe, induisent un certain nombre d’effets, notamment sur la pression artérielle. D’où une dilation des vaisseaux de la verge, et des érections péniennes. D’où aussi, les précautions d’emploi imposées chez les sujets ayant des antécédents ou des facteurs de risque cardiaque.

Pour conclure enfin, signalons que ces « donneurs d’azote » ne laissent pas Dame Nature de marbre. La luciole par exemple, en dépend pour faire sa cour. C’est grâce à la production de monoxyde d’azote (NO) qu’elle assure sa luminescence et illumine nos buissons. Le Viagra du ver luisant, en quelque sorte…

Aller à la barre d’outils