Accueil » Santé Publique » Viagra et déviances sexuelles, où est la justesse ?
Le Conseil national de l’Ordre des Médecins est entré aujourd’hui dans le débat qui agite l’opinion publique concernant la prescription de Viagra à Francis Evrard, écroué pour le rapt et le viol du petit Enis. Avec une certaine retenue, tout de même…
Par la voix du Dr André Deseur, vice-président de sa section Exercice professionnel, le Conseil national précise en effet que « n’ayant pas toutes les données en mains », il lui est « difficile de se prononcer sur les conditions de prescription » de ce produit.
Interrogé par Destination Santé, le représentant de l’Ordre souligne qu’il « n’est pas exceptionnel que des patients soumis à un traitement par ‘neuroleptiques retard’ » (pour réduire les pulsions sexuelles, n.d.l.r.) « demandent la prescription d’un médicament comme le sildénafil » (le Viagra, n.d.l.r.). « J’insiste sur le fait que ce produit ne déclenche pas de pulsions sexuelles, mais qu’il vise à favoriser une érection ».
Autrement dit et sur la base des connaissances actuelles, le fait de traiter ou d’avoir traité un patient pour réduire ses pulsions sexuelles ne serait pas incompatible avec la prescription de Viagra. Cette analyse est d’ailleurs confirmée par le Pr Jean-Paul Giroud, pharmacologue et membre de l’Académie nationale de Médecine. A ses yeux cependant, « toute la question est de savoir si ce traitement lui a été prescrit lors de sa sortie de prison, ou durant son incarcération ».

Source : Interviews du Dr Deseur, Conseil national de l’Ordre des Médecins, et du Pr Jean-Paul Giroud, 21 août 2007
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