Quelle vie pour les survivants d’Ebola ?

[14 janvier 2017 - 01h11] [mis à jour le 13 janvier 2017 à 15h15]

En se penchant sur le suivi médical de patients ayant survécu au virus Ebola, des chercheurs de l’INSERM ont tenté d’analyser les conséquences cliniques et sociales de la maladie. Résultat : 3 survivants sur 4 rapportent des problèmes de santé.

La dernière épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a été d’une telle ampleur qu’elle a entraîné à la fois un nombre de décès sans précédent mais également un nombre de survivants jamais atteint par le passé (17 000). L’occasion d’étudier l’évolution de la vie de ces personnes sur le long terme.

Des chercheurs de l’Unité mixte internationale de recherches translationnelles sur le VIH et les maladies infectieuses (INSERM/IRD) ont mis en place, en mars 2015 en Guinée, une cohorte de suivi des survivants. Plus de 800 sujets ont été recrutés. Le suivi (biologique, psychologique, sociologique…) a été réalisé tous les 3 mois, durant un an.

Résultat, les trois quarts des survivants déclarent encore des symptômes cliniques. Dans le détail :

  • 40% souffrent de symptômes d’ordre général (fatigue/fièvre/anorexie) ;
  • 38% des patients souffrent de douleurs musculo-squelettiques ;
  • 35% se plaignent de maux de tête ;
  • 22% présentent des douleurs abdominales ;
  • 18% ont des troubles de la vision (conjonctivites, déficiences visuelles allant jusqu’à la cécité…).

« La fréquence de ces symptômes a heureusement tendance à s’atténuer dans le temps et deviennent moins prégnants à mesure que l’on s’éloigne de la phase aiguë de l’infection », explique Eric Delaporte, principal auteur de ce travail.

Du côté psychologique et sociologique, le risque de dépression est augmenté chez les survivants. De plus, 26% des patients se disent stigmatisés après avoir contracté la maladie.

« Les résultats de cette première grande cohorte nous permettent de mieux caractériser ce que nous appelons désormais le syndrome post-Ebola », conclut Eric Delaporte. « Des complications médicales perdurent ou apparaissent après la phase aiguë de l’infection et ne sont pas négligeables. Elles justifient qu’un suivi médical des patients atteints d’Ebola soit effectué au moins pendant les 18 mois qui suivent l’infection ».

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