VIH : en finir avec l’épidémie cachée

[25 septembre 2013 - 16h21] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

En 2010, le nombre de personnes vivant avec le VIH était estimé à 149 900. ©Phovoir

La prise en charge des patients vivant avec le VIH évolue en France. L’Agence nationale de Recherche sur le SIDA (ANRS) et le Conseil national du SIDA (CNS) ont émis de nouvelles recommandations ce mercredi. Parmi les nouveautés, les experts préconisent désormais la mise en place d’un traitement antirétroviral chez toute personne vivant avec le VIH. Et surtout la banalisation du dépistage. Objectif : identifier les 28 000 Français qui ignorent leur séropositivité.

Les rapports sur les Recommandations pour la prise en charge médicale des personnes atteintes par le VIH en France sont publiés tous les 2-3 ans. Le dernier en date – dont les points forts sont rendus publics ce mercredi – a été rédigé par 21 cliniciens, biologistes et scientifiques et 2 représentants du milieu associatif.  Et les nouveautés ne manquent pas.

Traitement. Les experts recommandent la « mise en place d’un traitement antirétroviral chez toute personne vivant avec le VIH. (…) Jusqu’alors, la présence de caractéristiques cliniques ou biologiques était nécessaire pour recommander l’initiation d’une thérapie. Par ailleurs, et pour la première fois, le choix préférentiel des combinaisons antirétrovirales a pris en compte le coût des médicaments antirétroviraux ».

Dépistage. Ils prônent aussi en quelque sorte une banalisation du dépistage : « devant de nombreuses situations cliniques ou biologiques évoquant l’infection et/ou l’appartenance à des populations où la prévalence de l’infection est la plus élevée ». Ils souhaitent également que le test soit proposé à toute personne qui n’en n’a pas « récemment » bénéficié. Dans ce cadre, « les médecins généralistes doivent jouer un rôle de premier plan ».

L’objectif est d’identifier les personnes ignorant leur séropositivité au VIH. Elles seraient 28 000 en France ! Soit l’équivalent d’une ville comme Saintes (Charente-Maritime). Il s’agit d’une « épidémie cachée », précise Julien Bressy du Conseil national du SIDA (CNS). « Laquelle participe aussi grandement aux nouvelles infections ». A tel point que ces personnes seraient à l’origine de 60% des nouvelles contaminations », précisent les auteurs du rapport. Ils demandent également « la mise à disposition plus large des tests rapides à orientation diagnostique (TROD) » ainsi que « l’amélioration du dépistage dans les lieux de privation de liberté ».

Prévention. S’ils rappellent que « le préservatif reste l’outil de référence dans la mesure où il combine prévention du VIH, des IST, et prévention des grossesses non désirées », les experts mettent l’accent sur les plus jeunes. « L’éducation à la sexualité chez les jeunes scolarisés et hors milieu scolaire doit être renforcée, afin de promouvoir les moyens de prévention du VIH et des IST », demandent-ils. Rappelons qu’en 2010, le nombre de personnes vivant avec le VIH était estimé à 149 900, en France.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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