« L’épidémie de SIDA est loin d’être terminée »

[23 juillet 2017 - 23h19] [mis à jour le 23 juillet 2017 à 23h22]

La conférence scientifique sur le VIH de l’IAS s’ouvre à Paris ce dimanche sur fond d’inquiétude en matière de financements des programmes de lutte contre l’épidémie. A l’annonce de baisse des dotations américaines par Donald Trump s’ajoute l’absence remarquée – et dénoncée par les associations – d’Emmanuel Macron. Les acteurs de la lutte contre le rétrovirus restent en alerte.

Plusieurs associations de lutte contre le VIH/SIDA* déplorent l’absence du président de la République Emmanuel Macron à la conférence scientifique sur le VIH de l’IAS qui s’ouvre pourtant à Paris ce dimanche 23 juillet 2017. Au moment où les acteurs de la lutte contre l’épidémie s’inquiètent des coupes budgétaires annoncées par le président Donald Trump, cette absence sonne comme un retrait français.

Giovanna Rincon, directrice de l’association Acceptess T de défense des droits des personnes transgenres va plus loin lorsqu’elle lance : « où est la France ? Où est le courage ? Où est le président Macron ? » Même ton de la part des activistes qui interrompent l’intervention de la ministre de la santé Agnès Buzyn au cri de « honte à Macron ».

Des populations discriminées, laissées pour compte

La conférence s’ouvre ainsi dans une ambiance relativement tendue. Les nombreux progrès accomplis contre la maladie ne sont pas suffisants. Chacun semble en convenir. « Il reste encore beaucoup à découvrir, en particulier un vaccin et un remède », souligne Linda-Gail Bekker, présidente de l’IAS. A ces deux défis, Jean-François Delfraissy, co-organisateur et ancien directeur de l’Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites (ANRS) ajoute « la nécessité d’innover encore en matière de prévention et d’associer la recherche à d’autres domaines médicaux comme le cancer ou le diabète, dans un but de santé globale ».

Giovanna Rincon souligne de son côté, l’importance de combattre les discriminations et de permettre à tous d’accéder à la prévention et aux traitements. Tout comme le scandent les activistes sud-Africains qui se sont invités à la tribune de la séance plénière d’ouverture pour réclamer « un égal accès au traitement pour les populations clé ». Parmi lesquelles les transsexuels, les prisonniers, les migrants…

Un des objectifs que de nombreuses associations et ONG vont mettre en avant au cours de cette rencontre internationale qui devrait réunir près de 6 000 spécialistes. Et ce en raison des chiffres alarmants dans ces populations. Ainsi, « plus de 80% des nouvelles infections se produisent dans ces communautés », rappelle Michel Sibidé, directeur exécutif de l’ONUSIDA.

« L’argent sauve des vies »

« Nous sommes en train de parvenir à détruire la colonne vertébrale de l’épidémie », souligne Michel Sidibé. Le dernier rapport de l’ONUSIDA montre en effet d’excellents résultats avec enfin plus de la moitié des personnes séropositives sous traitement dans le monde. Preuve que « l’argent n’est pas gâché, qu’il sauve des vies et que nous en avons réellement besoin », ajoute Linda-Gail Bekker. Ce n’est donc pas « le moment de s’arrêter », poursuit Michel Sidibé. Car « l’épidémie de SIDA est loin d’être terminée », abonde Jean-François Delfraissy. Et « n’importe quelle baisse dans les fonds de dotation mettrait en péril le combat contre l’épidémie », conclut le directeur de l’ONUSIDA.

*Act Up-Paris, AIDES, Coalition PLUS, Action Santé Mondiale (GHA), le Planning familial, Sidaction et Solthis

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