VIH/SIDA : plus de la moitié des porteurs du virus est traitée

[20 juillet 2017 - 12h23] [mis à jour le 20 juillet 2017 à 12h28]

Une frontière vient d’être franchie. Plus de la moitié des personnes porteuses du VIH ont désormais accès au traitement. Une victoire dans la lutte contre l’épidémie mondiale. Malgré ce progrès global indéniable, plusieurs catégories de populations continuent d’être largement victimes du virus. C’est le cas des enfants et des personnes souvent discriminées comme les usagers de drogues injectables.

Dans son dernier rapport l’ONUSIDA révèle que « plus de la moitié des personnes porteuses du VIH (53%) ont désormais accès au traitement », se réjouit l’organisme. De plus, « les décès liés au SIDA ont diminué depuis 2005 ».

Dans le détail, en 2016, « sur les 36,7 millions de personnes porteuses du VIH, 19,5 millions ont eu accès au traitement et les décès liés au SIDA ont chuté de 1,9 million en 2005 à 1 million en 2016 ». Si la dynamique se maintient, « nous atteindrons l’objectif mondial de 30 millions de personnes sous traitement d’ici à 2020.

L’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe sont les régions ayant fait les progrès les plus spectaculaires. D’autant qu’elles sont aussi les plus affectées par le VIH et comptent encore plus de la moitié de toutes les personnes porteuses du VIH dans le monde. Dans ces régions, depuis 2010 les décès ont chuté de 42% !

Enfants et jeunes laissés pour compte

Malheureusement ces progrès ne concernent pas tout le monde dans la même mesure. Et certaines populations sont quasiment laissées pour compte. « Seulement 43% des enfants porteurs du VIH ont accès au traitement antirétroviral contre 54% d’adultes », note ainsi l’ONUSIDA. « Deux tiers des enfants de moins de deux ans ont été diagnostiqués tardivement, et commencent un traitement avec une immunodéficience avancée, résultant en un taux de mortalité élevé pour des enfants de ce groupe d’âge. »

« Les populations jeunes (15-24 ans) sont aussi laissées pour compte à de nombreux égards », estime le rapport. Elles restent très exposées à l’infection par le VIH, particulièrement les jeunes femmes en Afrique sub-sahariennes. Les nouveaux cas d’infection par le VIH chez elles sont 44% plus élevés que chez les jeunes gens du même âge dans la région.

Stigmatisations et discriminations : les freins du combat

Un constat partagé par l’ONG Médecins du monde (MdM). « Alors que la recherche et les avancées scientifiques laissent envisager la fin des épidémies de VIH et hépatites virales, les personnes les plus exposées et vulnérables à ces infections demeurent pourtant à l’écart des services de prévention et de santé », estime-t-elle.

Un exemple est ainsi mis en avant. « Les personnes consommant des drogues ont encore trop peu accès à la prévention et aux traitements de l’hépatite C, alors même que des modèles adaptés permettent de réduire considérablement les pratiques à risque et d’obtenir des taux de guérisons élevés ».

Pour Françoise Sivignon, présidente de MdM, « lutter contre les discriminations et les stigmatisations, promouvoir l’égal accès à la prévention, au dépistage et aux soins sont plus qu’une priorité. C’est une urgence si l’on compte venir à bout des épidémies de VIH/SIDA et des hépatites virales dans le monde d’ici 2030 ».

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