VIH/SIDA : la circoncision efficace… pour les femmes

[28 juillet 2014 - 14h34] [mis à jour le 28 juillet 2014 à 14h44]

La circoncision est un outil efficace de réduction du risque de contamination par le VIH. Observé chez les hommes hétérosexuels, ce constat est aujourd’hui semblable pour leurs partenaires féminines. Les résultats du travail mené par une équipe française en Afrique du Sud, présentés à l’occasion de la 20e conférence internationale sur le SIDA, à Melbourne (Australie), prouvent en effet que les bénéfices de la circoncision s’appliquent aussi aux femmes.

L’équipe du Pr Bertran Auvert (INSERM U1018, Université de Versailles-Saint Quentin, Hôpital Ambroise Paré) avait mené en 2011 un travail sur l’efficacité de la circoncision dans la réduction de l’incidence du VIH chez les hommes dans le bidonville d’Orange Farm (Afrique du sud). Ces chercheurs ont ensuite poursuivi leur travail dans le but d’évaluer dans quelles mesures l’ablation du prépuce pouvait avoir un impact sur la prévalence (proportion de personnes infectées) et l’incidence (taux de nouvelles infections) du virus du SIDA chez les femmes ayant des relations sexuelles avec ces hommes.

Pour ce faire, les chercheurs ont combiné les résultats de trois études transversales menées en 2007, 2010 et 2012 auprès de 2 452 femmes de 15 à 29 ans. Prélèvements sanguins, données sur les comportements sexuels et statut de circoncision des partenaires sexuels ont été collectés. Parmi ces femmes, 30% affirmaient n’avoir eu de relations sexuelles qu’avec des hommes circoncis. Le constat se révèle encourageant : « le taux de prévalence du VIH chez ces femmes est de 17,8% alors qu’il est presque deux fois plus élevé chez les autres (30,4%) », indiquent les auteurs.

Concernant le taux d’incidence, estimé à l’aide d’une modèle mathématique, le constat est aussi positif. Le taux de nouvelles infections chez les femmes n’ayant que des partenaires sexuels circoncis est 20% inférieur au taux de nouvelles infections chez les autres. « Ces résultats viennent conforter la place importante des programmes de circoncision volontaire au sein de plans nationaux de lutte contre le VIH », concluent les auteurs.

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