Les violences sexuelles font de nombreuses victimes, parmi les adultes mais aussi les enfants. La médiatisation des sordides affaires de pédophilie dans l’Eglise catholique, ou encore les films comme les Chatouilles, met enfin en lumière la souffrance des victimes. Pour prévenir ces crimes et protéger les enfants, la revue Astrapi* a développé un livret préventif.

« Hugo se fait piéger sur Internet », « Drôle d’entraîneur » et « un tonton pas si gentil ». Au travers de trois courtes scènes représentant des situations de violences envers des enfants, le livret publié par la revue Astrapi permet d’aborder un sujet sensible et tabou : la pédophilie.

Des milliers d’enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Selon le dernier rapport de l’ONPE (Observatoire National de la Protection de l’Enfance), 19 700 plaintes de mineurs victimes de violences sexuelles, dont 7 000 viols, ont été enregistrées. Or ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet seulement 10% des faits de violence sexuelle sur mineurs font l’objet d’une plainte.

Le silence destructeur

Par peur, les enfants se taisent. La majorité des violences sexuelles (80%) commises sur les moins de 10 ans relèvent d’un proche. Trois sur dix, elles émanent de la sphère familiale. C’est pourquoi le magazine Astrapi, en association avec de nombreuses associations et organisations de défense des droits des enfants ont rédigé ce livret de prévention destiné aux enfants.

Objectif, « les aider, en cas de besoin, à rompre un silence destructeur : la première étape indispensable à sa reconstruction », peut-on lire sur le livret. « Le but n’est pas de faire peur aux enfants ni d’entamer leur confiance envers l’adulte en général, mais bien de leur donner un maximum d’outils pour se protéger, réagir et briser le silence. » Mais aussi, « vous donner à vous, parents et éducateurs, des pistes pour en discuter avec eux. »

Le message est lancé : « Si toi ou quelqu’un que tu connais a été embêté […] tu as sûrement autour de toi une personne qui t’écoutera : tes parents, ton maître ou ta maîtresse, l’infirmière de l’école… Il existe un numéro de téléphone gratuit que chaque enfant peut appeler n’importe quand : c’est le 119. Il y aura toujours quelqu’un pour t’écouter et pour t’aider. Tu peux aussi aller voir la police ou la gendarmerie de ta ville. »

A noter : « Les textes et les images ont été spécifiquement conçus pour les enfants, avec relecture de professionnels qui recueillent quotidiennement la parole d’enfants victimes et les accompagnent dans leurs parcours souvent difficiles », indique Astrapi. 

*Ce livret a pu voir le jour grâce à l’aide de France Télévisions et de nombreuses associations ou organisations défendant les droits des enfants : la Fondation Action Enfance, les Apprentis d’Auteuil, le Bureau International Catholique de l’Enfance, le Centre de Victimologie pour Mineurs, Enfance et Partage, l’Unicef, les Scouts et Guides de France, SOS Villages d’enfants, la Croix, l’UCPA et la Fondation Meeschaert. Il a reçu le soutien du Défenseur des Droits.

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